Une femme de 47 ans, Dominique Cottrez, a été mise en examen hier pour «homicides volontaires» à la suite de la découverte des cadavres de huit nouveau-nés dans un petit village du nord de la France.

Marc Thibodeau LA PRESSE

Le procureur chargé du dossier, Éric Vaillant, a indiqué en conférence de presse qu'elle reconnaît avoir étouffé ses enfants peu après leur naissance.

Les premiers résultats des autopsies, a-t-il précisé, indiquent que les bébés, nés entre 1989 et 2006 ou 2007, n'ont pas été frappés.

L'accusée, mère de deux filles d'âge adulte et aide-soignante, a expliqué ses gestes en disant qu'elle ne voulait plus d'enfants et ne voulait pas voir de médecin pour employer un moyen de contraception, a ajouté M. Vaillant.

Dominique Cottrez affirme avoir agi à l'insu de son mari, qui a été mis en liberté hier en attendant la poursuite de l'instruction.

Les policiers ont été appelés à Villers-au-Tertre samedi par un couple qui a trouvé deux sacs-poubelles suspects en creusant dans le jardin de leur résidence, autrefois occupée par les Cottrez.

La mère, après avoir reconnu qu'il s'agissait des dépouilles de ses bébés, a indiqué que six autres cadavres étaient dissimulés dans le garage de sa nouvelle résidence, ce qu'ont confirmé les recherches.

Le village, pris d'assaut par les médias après l'annonce de ces découvertes, était sous le choc hier. Selon le maire, Patrick Mercier, le couple était bien vu dans la communauté. Pierre-Marie Cottrez siégeait bénévolement au conseil municipal. Sa femme était cependant plus réservée, a souligné l'élu.

Selon lui, le problème de poids dont elle souffre pourrait expliquer que ses grossesses soient passées inaperçues, même de son mari. «Personne ne s'est rendu compte de quoi que ce soit», a déclaré le maire.

La France a connu au cours des dernières années plusieurs cas d'infanticide en série qui ont reçu un large écho dans la presse nationale et internationale.

Une femme de 38 ans originaire de la Manche, Céline Lesage, a été condamné au printemps dernier à 15 ans de prison pour avoir tué six nouveau-nés entre 2000 et 2007. Les corps avaient été cachés dans la cave de la maison familiale.

Le cas le plus connu est celui de Véronique Courjault, qui a récemment recouvré la liberté après quelques années de prison. Son mari avait découvert les cadavres de deux nouveau-nés dans le congélateur de la maison qu'occupait le couple à Séoul à l'été 2006.

Lors du procès, la défense a fait valoir que Mme Courjault souffrait d'un déni de grossesse, un trouble psychologique qui fait que la femme ne réalise même pas qu'elle est enceinte.

Le procureur affecté au dossier de Dominique Cottrez a fait savoir hier que ce mobile «n'a pas du tout été avancé par l'accusée». Elle s'est dite «parfaitement consciente» de chacune de ses grossesses.