La chancelière allemande Angela Merkel a officiellement perdu sa majorité à la chambre haute du parlement après l'élection mercredi d'un gouvernement minoritaire de gauche en Rhénanie du nord-Westphalie.

AGENCE FRANCE-PRESSE

La chef de file des sociaux-démocrates (SPD) Hannelore Kraft, 49 ans, a été élue, avec les voix des Verts, chef du gouvernement régional de l'État le plus peuplé d'Allemagne, qui comprend notamment le vieux bassin industriel de la Ruhr.

Elle a reçu le soutien de 90 députés du parlement régional, 80 députés votant contre et 11 s'abstenant.

Les conservateurs, qui jusqu'alors gouvernaient la région, ont perdu leur majorité lors d'élections régionales le 9 mai; depuis lors, les partis tentaient de former des coalitions.

Avec la mise en place du nouveau gouvernement régional, la coalition conservateurs-libéraux au pouvoir à Berlin perd sa majorité à la Chambre haute (Bundesrat), qui représente les seize États fédérés, ce qui pourrait compliquer l'adoption de nouvelles lois.

À Berlin, les conservateurs et les libéraux ont protesté de concert contre ce gouvernement minoritaire de gauche qu'ils qualifient d'instable.

«Vous ne pouvez pas faire confiance à un tel gouvernement», a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel dans l'édition en ligne du journal Rheinische Post.

La responsable conservatrice a balayé les craintes de blocage de décisions politiques par le Bundesrat, soulignant que d'«importantes lois» telles que celles liées au plan d'austérité de plus de 80 milliards d'euros d'ici 2014 et à la réforme de la santé ne nécessitaient pas le feu vert de la Chambre haute.

Sur d'autres dossiers ayant besoin de l'approbation du Bundesrat, tels que la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires, Mme Merkel a affirmé qu'elle parviendrait à convaincre les États de trouver un compromis, à force de persévérance.

Angela Merkel, dont la popularité est en baisse et le style de direction critiqué, vient de vivre des semaines difficiles sur le plan politique intérieur. Les conservateurs et les libéraux, partenaires de gouvernement depuis l'automne, n'ont eu de cesse de se déchirer sur les baisses d'impôts, les coupes budgétaires et la réforme de la santé.