Le premier ministre ukrainien Ioulia Timochenko a déclaré lundi qu'elle ne reconnaissait pas comme président l'opposant pro-russe Viktor Ianoukovitch, «arrivé au pouvoir sur des mensonges», et qu'elle allait cimenter la majorité parlementaire contre lui, dans une allocution télévisée.

Mis à jour le 22 févr. 2010
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Je ne le reconnais pas comme président de l'Ukraine et je n'accepte pas sa politique anti-ukrainienne et anti-européenne», a lancé Mme Timochenko qui, devancée par son rival de 900 000 suffrages lors du scrutin du 7 février, a tenté en vain de contester sa victoire en justice.

«Le président arrivé au pouvoir sur des mensonges ne restera pas longtemps», a averti Mme Timochenko, qui ne cesse de dénoncer des fraudes massives ayant terni selon elle le scrutin. Celui-ci a pourtant été reconnu libre et juste par tous les observateurs internationaux.

Ioulia Timochenko a appelé les forces «démocratiques» au Parlement à oublier leurs querelles et à s'unir contre le nouveau chef de l'Etat, dont l'investiture est prévue jeudi.

«Il faut mettre de côté toutes les disputes et créer au Parlement une puissante équipe qui ne permettra pas d'instaurer une dictature anti-ukrainienne», a dit le chef du gouvernement, qui dispose de jure d'une coalition anti-Ianoukovitch au Parlement.

Cette alliance risque cependant d'être mise à mal par de possibles défections au sein des trois partis qui la forment (bloc Timochenko, Notre Ukraine Autodéfense populaire, proche du président sortant Viktor Iouchtchenko, et le petit bloc Litvine, proche du président actuel du Parlement).

Mme Timochenko a exclu toute possibilité d'une coalition avec le Parti des régions de M. Ianoukovitch qu'elle a traité de «créature des oligarques» et accusé de «trahir les intérêts nationaux».

«Si les partis démocratiques au parlement vont» s'allier avec le Parti des régions du chef de l'Etat, «j'irai dans l'opposition», a-t-elle promis.

«Je vais lutter, peu importe où je serai, au pouvoir ou dans l'opposition», a-t-elle martelé.

Le Parti des régions a déjà déposé au Parlement un projet d'une motion de censure contre le cabinet Timochenko, mais il doit rallier des députés pro-occidentaux du mouvement du président Iouchtchenko ou du bloc Timochenko pour destituer cette dernière et former un nouveau gouvernement.