Les avocats de Radovan Karadzic ont demandé lundi au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) de renoncer aux poursuites pour génocide et crimes contre l'humanité visant l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, en raison d'un accord d'immunité qui aurait été conclu avec Richard Holbrooke, qui était à l'époque émissaire pour la paix des États-Unis dans la région.

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Dans une motion, les avocats affirment que Richard Holbrooke a promis en juillet 1996 que Radovan Karadzic ne serait pas poursuivi devant le TPIY s'il renonçait au pouvoir et se retirait de la vie publique. Ils citent deux responsables bosno-serbes présents à la rencontre au cours de laquelle l'accord aurait été conclu, disant que Richard Holbrooke avait promis que le tribunal «disparaîtrait».

Les avocats de Karadzic ont reconnu que Holbrooke n'avait jamais signé de version écrite de l'accord, mais ils ont demandé une audition spéciale de ce dernier pour établir si un tel accord avait été conclu et s'il était contraignant vis-à-vis du tribunal.

«Au moment de l'accord, je n'avais aucun doute sur le fait que Richard Holbrooke avait promis que je ne serais pas poursuivi devant le TPIY et qu'il avait l'autorité pour faire cette promesse», a déclaré Karadzic dans un communiqué écrit, daté du 22 avril, qui a été joint à la motion.