Un chauffeur de la reine d'Angleterre a été suspendu dimanche après laissé entrer au palais de Buckingham des journalistes du tabloïd «News of the World» contre rétribution.

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La police londonienne a annoncé qu'elle enquêtait sur ces allégations et interrogeait des membres du personnel du palais pour s'expliquer cette faille dans le dispositif de sécurité.

Le «News of the World» a précisé que ses journalistes, qui se sont fait passer pour de riches hommes d'affaires du Moyen-Orient, ont pu effectuer une visite guidée de Buckingham et ont même été autorisés à s'asseoir dans des Bentleys de la famille royale. L'hebdomadaire dominical dit avoir versé 1.000 livres (1.500 euros) au chauffeur.

Selon le journal, les deux reporters déguisés ont également pu voir des Rolls-Royce et la vieille Daimler verte de la reine, qu'elle conduit elle-même. Cette voiture aurait un plancher surélevé pour compenser la petite taille (1,63m) de la monarque.

«Nous pouvons confirmer qu'un individu a été suspendu dans l'attente des résultats d'une enquête», a fait savoir dimanche le palais de Buckingham dans un communiqué.

Les palais royaux sont gardés par des policiers, qui exigent normalement que leur soient présentés des documents de sécurité pour permettre l'accès à des visiteurs. Même les membres de la famille royale, y compris le prince Philip, époux de la reine, et leur fils le prince Charles, doivent montrer patte blanche pour accéder à ces résidences.

«Nous sommes naturellement préoccupés par les questions soulevées par cette histoire et nous sommes en liaison avec des responsables du palais pour connaître les consignes de sécurité données au personnel», expliquait-on à Scotland Yard.

Cet incident est le dernier d'une série de failles décelées dans la sécurité de la reine. En mars 1982, Elizabeth II avait chassé un intrus qui s'était introduit dans sa chambre à coucher. En se réveillant, elle avait découvert Michael Fagan assis sur son lit et l'homme lui avait demandé une cigarette.

Plus récemment, en 2003, un journaliste de tabloïd avait utilisé de fausses références pour se faire embaucher comme valais à Buckingham. Il avait profité de cet accès privilégié au palais pour prendre des photos et visiter les lieux, notamment les chambres réservées au président des Etats-Unis d'alors, George Bush père, à l'occasion d'une visite d'Etat.