Les négociations russo-américaines sur le désarmement nucléaire ont commencé mardi à Moscou, alors que le traité START limitant les arsenaux de la Russie et des Etats-Unis expire en décembre.

Mis à jour le 19 mai 2009
AGENCE FRANCE-PRESSE

Les pourparlers ont débuté à 3h00 HNE, a indiqué à l'AFP une source au sein du ministère russe des Affaires étrangères, et doivent se prolonger jusqu'à mercredi. Mais ni Moscou, ni Washington n'ont voulu fournir de détails sur le contenu de cette rencontre et aucune conférence de presse n'est prévue sur le sujet, alors que de premiers pourparlers techniques avaient eu lieu en avril à Rome.

La délégation américaine est conduite par Rose Gottemoeller, sous-secrétaire d'Etat en charge de l'application des accords sur le contrôle des armements, tandis que les négociateurs russes sont menés par Anatoli Antonov, le directeur du département de la sécurité et du désarmement du ministère des Affaires étrangères.

Les présidents russe et américain, Dmitri Medvedev et Barack Obama, se sont fixés pour objectif d'aboutir à un compromis sur le désarmement nucléaire avant l'expiration de START en décembre, alors qu'aucune avancée sur ce dossier n'a eu lieu durant le mandat de George W.Bush. START avait été signé en 1991.

Moscou et Washington sont cependant en désaccord sur des questions clés.

La Russie insiste notamment sur la nécessité d'un traité concernant toutes les ogives nucléaires et leurs vecteurs stratégiques (missiles, sous-marins et bombardiers), alors que les Etats-Unis veulent se concentrer sur les armes déployées et opérationnelles.

La presse russe estimait aussi mardi que l'aboutissement à un nouveau traité serait sans doute impossible tant que les Etats-Unis ne renoncent pas à déployer un bouclier antimissile en République tchèque et en Pologne, un projet que la Russie considère comme une menace pour sa sécurité.

«Moscou va tenter de lier (l'avenir de) l'accord START à la question du déploiement en Europe du bouclier antimissile», soulignait ainsi le quotidien indépendant Vremia Novosteï.

«Si l'administration de Barack Obama décide de ne pas revoir (...) le projet d'installation de systèmes antimissiles en République tchèque et en Pologne, un nouvel accord START sera impossible», poursuit le journal.

Le quotidien Izvestia, dans un article titré «START: ordre d'accoucher avant décembre», estime lui aussi que ce bouclier antimissile sera un sujet clé au cours des négociations sur le désarmement nucléaire.

«Si la construction (du bouclier) commence, alors Moscou refusera sans doute toute réduction (de son arsenal nucléaire) dans le cadre d'un nouveau START», relève ce journal proche du pouvoir russe.