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Medvedev à l'écoute de ses opposants

Le président Dmitri Medvedev reçoit l'accolade du patriarche... (Photo: AFP)

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Le président Dmitri Medvedev reçoit l'accolade du patriarche russe Kirill, lors de la célébration de la pâque russe orthodoxe.

Photo: AFP

Frédérick Lavoie
La Presse

(Moscou) Le lundi 13 avril, Dmitri Medvedev a donné sa première entrevue à un journal russe depuis son élection, en mars 2008. Et le choix n'était pas anodin. Novaïa Gazeta est la publication la plus critique du Kremlin. Quatre de ses journalistes - dont la plus célèbre, à l'étranger, Anna Politkovskaïa -, ont été assassinés au cours de la dernière décennie.

Le rédacteur en chef du journal, Dmitri Mouratov, a abordé plusieurs thèmes sensibles comme la liberté de parole et le contrôle du système judiciaire du pays par le pouvoir politique. Fidèle à son habitude, le juriste Medvedev a offert des réponses techniques, niant un manque de liberté en Russie, tout en notant qu'il reste beaucoup à parachever.

 

Le lendemain, il s'est entretenu avec les membres de l'Institut du développement contemporain. Considéré comme l'institut de recherche officieux de Medvedev, il lui permet d'avoir un aperçu de la situation dans le pays à l'extérieur de l'appareil de l'État.

«Le pouvoir n'a pas besoin de compliments ni de léchage de la part de la communauté d'experts», a prévenu le président. Les chercheurs n'ont d'ailleurs pas manqué de critiquer la politique en matière d'emploi du gouvernement.

Mercredi dernier, troisième symbole. Dix-huit des plus importants défenseurs des droits humains et militants de la société civile russe ont franchi les portes du Kremlin pour une rencontre de plus de trois heures avec le président.

«Il nous a écoutés», croit Aleksei Simonov, président de la Fondation pour la défense de la Glastnost. «Je n'ai toutefois pas l'impression qu'on lui a dit quoi que ce soit qu'il ne savait déjà», ajoute-t-il.

Medvedev a écouté, mais il n'a rien promis. Si ce n'est de rendre plus fréquentes qu'une fois par année les réunions du Conseil sur la collaboration pour le développement des institutions de la société civile et des droits de l'homme, «parce qu'il y a trop de problèmes [à discuter]».

D'où les critiques d'autres militants, opposés à ce type de collaboration avec le pouvoir. «À quoi bon répéter sans cesse des vérités politiques évidentes à un président qui comprend tout, mais ne fait rien?» s'est interrogé lundi le dissident Aleksandr Podrabinek dans l'Ejednevny Journal.

Selon lui, les défenseurs des droits de l'homme qui ont participé à la rencontre sont devenus les «fous du roi» d'un président qui voulait embellir son image de démocrate.

«Je ne me sens pas fou du roi, rétorque Aleksei Simonov. Mais je ne vois rien de mal de toute façon dans ce rôle. Tant qu'on ne le fait pas rire.»

Selon Aleksei Simonov, il est probable que le président Medvedev souhaite réellement plus de libertés en Russie.

«Mais d'y croire, c'est une chose. D'y travailler, c'en est une autre», souligne-t-il, rappelant qu'au-delà des mots, la première année de présidence de Medvedev ne s'est pas traduite par une libéralisation effective.

«Tant que l'appareil de l'État considérera les dissidents comme une menace à la sécurité du pays, il n'y aura pas de liberté de parole.»

 




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