Les Monténégrins se rendent dimanche aux urnes pour des élections législatives anticipées après une campagne sans suspense, la coalition au pouvoir du premier ministre Milo Djukanovic partant favorite face à une opposition divisée.

AGENCE FRANCE-PRESSE

M. Djukanovic, qui domine la vie politique monténégrine depuis près de vingt ans, presque sans interruption, ambitionne de faire progresser le Monténégro vers l'Union européenne et l'OTAN pendant ce nouveau mandat de quatre ans. La coalition gouvernementale au pouvoir, dominée par le Parti démocratique des socialistes (DPS) de M. Djukanovic, est créditée de plus de 50% des intentions de vote dans les sondages.

Les quelques 500 000 électeurs de cette petite république adriatique indépendante depuis 2006 après une longue union avec la Serbie éliront leurs nouveaux députés parmi seize partis et coalitions.

Mais l'opposition monténégrine, très morcelée et composée de partis pro-serbes ou différents milieux lassés de la domination de M. Djukanovic, n'apparaît pas encore une fois en position de menacer de manière significative l'emprise du premier ministre sur le pouvoir.

L'incapacité de l'opposition à définir une possibilité d'alternance au pouvoir a débouché sur une campagne électorale sans suspense qui a découragé certains d'aller voter.

«Pour la première fois en dix ans, je n'irai pas voter. Entre pouvoir et opposition, je ne sais pas ce qui est le pire», confie Sanja, une économiste de Podgorica.

En dépit de cette lassitude de l'électorat, les sondages montrent que le taux de participation sera dimanche bien au-dessus des 50%.

L'opposition a accusé le gouvernement de chercher à obtenir un nouveau mandat avant que la crise économique mondiale ne fasse pleinement sentir ses effets au Monténégro.

Le mandat législatif actuel devait normalement s'achever dans un an.

La campagne électorale s'est achevée vendredi à minuit cédant la place au «silence électoral», pendant lequel les partis et mouvements politiques doivent s'abstenir de toutes déclarations jusqu'à dimanche matin.

Le Centre pour le monitoring (CEMI), une organisation non-gouvernementale qui surveille les élections, a estimé toutefois qu'une rencontre Monténégro-Italie, dans le cadre des qualifications pour le Mondial 2010 de football, pourrait perturber le «silence électoral» samedi soir.

«Toute manifestation publique peut avoir des conséquences sur le processus électoral et nous avons certains indices que le match pourrait se transformer en une propagande voilée», a indiqué à l'AFP Vlado Dedovic du CEMI.

Mille deux cents observateurs, dont 200 appartenant à la communauté internationale, surveilleront le scrutin de dimanche. Celui-ci est à un tour.

Le Monténégro a déposé sa candidature à l'UE en décembre dernier.