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Sarkozy cède la présidence, mais sans quitter la scène européenne

Nicolas Sarkozy a beau rendre les clés de la maison européenne, il n'entend pas... (Photo: AFP)

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Photo: AFP

Christine Ollivier
Associated Press
Strasbourg

Nicolas Sarkozy a beau rendre les clés de la maison européenne, il n'entend pas rester inactif dans les prochains mois. Au moment de défendre son bilan devant les députés européens mardi à Strasbourg, il a confirmé son intention de continuer à «prendre des initiatives» en Europe et appelé ses successeurs tchèques à être «ambitieux».

La tâche s'annonce compliquée pour la République tchèque, qui doit prendre le 1er janvier la présidence tournante de l'Union européenne. Non seulement elle va devoir rivaliser avec le bilan de la présidence française, fort d'un accord sur le paquet climatique, un plan de sauvetage des banques et une remise en marche institutionnelle, mais elle va aussi devoir gérer un Nicolas Sarkozy envahissant.

Présidence de l'UE ou pas, «la France reste la France, un des très grands pays de l'Europe», a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse, excluant qu'elle pratique «la chaise vide» dans l'avenir.

«Est-ce que j'abandonne mes convictions entre le 31 décembre et le 1er janvier? Non», a-t-il lâché.

De toute façon, «on ne construira pas l'Europe contre les Etats», a souligné le président français. «Vouloir passer par dessus la tête de ceux qui sont élus dans leur pays, c'est une erreur» et «l'Europe est forte quand elle s'appuie sur des pays responsables et forts».

A l'issue de six mois de présidence de l'UE, Nicolas Sarkozy a rendu un vibrant hommage à la construction européenne. «En France j'ai eu l'occasion de dire à un de mes ministres que le Parlement européen c'était extrêmement important», a-t-il glissé dans une allusion à la secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme Rama Yade, guère populaire à l'Elysée depuis qu'elle a refusé de se porter candidate aux élections européennes en 2009.

«J'ai essayé de bouger l'Europe, mais l'Europe m'a changé», a affirmé le président français.

Il n'est toutefois pas intéressé par le futur poste de président de l'UE, qui aura un mandat de deux ans et demi dès que le traité de Lisbonne sera entré en vigueur: «j'ai bien assez à faire avec la présidence de la République française», a-t-il juré.

Parmi les sujets qu'il compte continuer à porter dans les prochains mois, Nicolas Sarkozy a cité la «question de la gouvernance économique» et de l'Eurogroupe qu'il voudrait voir réuni plus souvent au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement. «L'Europe rentre dans une crise économique très grave et ce serait une grande erreur de ne plus parler d'économie», a-t-il plaidé.

Il a également réclamé à nouveau une autorisation par l'UE d'un taux de TVA réduit sur certains produits. Sur ce sujet, il faut «qu'on arrête d'en parler et qu'on prenne une décision au mois de mars prochain» lors de la réunion des ministres des Finances européens.

Mardi, Nicolas Sarkozy n'a que peu mentionné la future présidence tchèque. Souhaitant que «l'Europe reste ambitieuse», il a juste assuré lui faire «toute confiance» pour «assumer le continuum de la présidence française».

Nicolas Sarkozy a eu droit, pour l'essentiel, à des éloges de la part des élus européens. Alors que le président de la Commission Jose Manuel Barroso saluait une présidence menée «avec maestria et panache», le socialiste Martin Schulz a évoqué un bilan qui «n'est pas mal du tout». «Oui, la présidence française a été un succès», a-t-il ajouté. «Dans l'ensemble, (elle) a fait avancer l'Europe».

Parmi les voix discordantes: celle du député Vert Daniel Cohn-Bendit, qui a violemment critiqué l'attitude de la France face à la Chine: «vous n'avez pas humilié les Chinois. C'est les Chinois qui vous ont humilié», a-t-il lancé. «Dès qu'il y a une caméra de télévision sous votre nez, on a l'impression que vous devenez comme fou», lui a rétorqué le président français.

Selon un sondage BVA pour «Les Echos» et France Inter mardi, 56% des Français ont une bonne opinion de l'action de Nicolas Sarkozy à la tête de l'UE. Mais désormais, le président français va devoir très vite se tourner vers la scène française, alors que se profile une profonde crise économique.

Il aura l'occasion de le faire à l'occasion des traditionnelles cérémonies de voeux. Etalées sur tous le mois de janvier, elles devraient être systématiquement décentralisées, les voeux aux Armées devant même se tenir au Liban.




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