Le chef militaire présumé de l'ETA Miguel de Garikoïtz Aspiazu Rubina, alias «Txeroki», a été inculpé jeudi à Paris notamment pour «direction d'une association de malfaiteurs à visée terroriste» et écroué, a annoncé vendredi une source judiciaire.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Txeroki» a été inculpé par la juge antiterroriste Laurence Le Vert dans le cadre d'une enquête ouverte après le meurtre de deux gardes civils espagnols à Capbreton (sud-ouest), le 1er décembre 2007. Il risque 20 ans de prison.

Présenté à un juge des libertés et de la détention (JLD), il a été placé en détention provisoire conformément aux réquisitions du parquet.

La magistrate n'a en revanche pas inculpé «Txeroki» pour assassinat, aucun élément à ce stade de l'enquête ne permettant d'affirmer que le chef militaire de l'ETA était le troisième homme du commando qui avait tiré sur les policiers espagnols, a précisé une source judiciaire.

Deux autres membres présumés de l'ETA âgés d'une trentaine d'années, Asier Bengoa Lopez de Armentia, et Saioa Sanchez Iturregi, avaient été inculpés le 9 décembre dans ce dossier, notamment pour «assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique».

La ministre française de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie avait indiqué peu après l'arrestation du chef militaire présumé de l'ETA lundi qu'il était soupçonné d'être l'auteur du meurtre de deux gardes civils espagnols.

«Txeroki» a été inculpé dans ce dossier pour sa participation aux actes préparatoires du commando, la location d'appartement ou des vols de véhicules, a-t-on précisé de même source.

Outre cette enquête sur le meurtre des gardes civils, le chef militaire présumé de l'organisation séparatiste basque a fait l'objet d'une autre inculpation pour «direction d'une association de malfaiteurs à visée terroriste» du fait de la découverte d'armes de poing lors de son arrestation lundi.

La juge l'a également inculpé de «recel de vol, de vol d'armes et de faux en bande organisée et détention et transport de substance entrant dans la confection d'engins explosifs».

«Txeroki» avait été arrêté à Cauterets (sud-ouest) par des policiers des services antiterroristes alors qu'il était en compagnie de Leire Lopez Zurrutuza, 31 ans, membre présumée de l'ETA, en fuite depuis 2005.

Leire Lopez Zurrutuza a elle été inculpée jeudi soir pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste».

Dans l'appartement que les deux etarras présumés louaient à Cauterets, les enquêteurs avaient trouvé des armes de poing, de faux documents administratifs et un ordinateur.

Réputé incarner la ligne dure de l'ETA, «Txeroki», hostile au dialogue avec Madrid, aurait pris fin 2003 la tête des commandos de l'organisation séparatiste basque. Il est notamment soupçonné en Espagne d'avoir ordonné l'attentat qui avait fait deux morts le 30 décembre 2006 à l'aéroport de Madrid.

Le chef présumé de l'ETA ne pourra être remis définitivement aux autorités espagnoles qu'après avoir été jugé pour les faits commis en France et avoir purgé la peine à laquelle il pourrait être condamné, selon une source judiciaire.

L'Espagne peut cependant demander son transfert provisoire dans le cadre des enquêtes ouvertes sur son territoire. Mais aucune demande de ce type n'a pour l'instant été formulée à ce jour, selon cette source.

«Txeroki» avait été transféré mardi dans les locaux de la police antiterroriste à Levallois-Perret, à l'ouest de Paris.

L'ETA est tenue pour responsable de la mort de 824 personnes en 40 ans d'attentats pour l'indépendance du Pays Basque.