(Washington) Plusieurs grandes organisations progressistes américaines ont appelé vendredi à poursuivre la bataille pour le droit à l’avortement, annulé la semaine dernière par la Cour suprême, à travers les urnes et tribunaux du pays.

Publié le 1er juillet
Agence France-Presse

Selon leurs calculs, l’avortement a déjà été rendu « inaccessible ou quasiment inaccessible » dans une douzaine d’États américains depuis la décision de la Cour suprême vendredi dernier.

À travers le pays, « des femmes se réveillent enceintes dans des États où l’avortement a été interdit et ne savent pas quoi faire », a dénoncé Alexis McGill Johnson, présidente de la principale organisation de planning familial américaine, Planned Parenthood.

Mais la contre-offensive légale n’a pas tardé, avec des plaintes déposées devant les tribunaux des États. « Nous ne nous contentons pas de nous défendre, nous passons à l’attaque », a assuré le directeur de la puissante association de défense des droits civiques ACLU, Anthony Romero.

Des procédures en justice pour contester ces interdictions et défendre le droit à l’avortement sont en cours dans au moins 11 États américains, de l’Oklahoma à la Virginie-Occidentale, en passant par l’Utah, le Kentucky et l’Idaho.

En Louisiane, une clinique et des étudiants en médecine ont par exemple attaqué les trois lois interdisant les avortements, arguant qu’elles sont trop « vagues » puisqu’elles ne précisent pas clairement les exceptions ou les peines associées.

Une juge a bloqué lundi ces lois jusqu’à une audience le 8 juillet.

« Attendez vous à voir d’autres plaintes bientôt », a assuré Nancy Northup, à la tête du Centre pour les droits reproductifs.

Cette guérilla devrait retarder l’échéance mais, selon l’institut Guttmacher, la moitié des États, surtout dans le sud et le centre conservateurs et religieux, devraient à plus ou moins long terme interdire les avortements sur leur sol.

Ces groupes ont aussi appelé à se mobiliser en vue des élections de mi-mandat en novembre, lors desquelles les Américains détermineront la composition du Congrès et se prononceront sur une série de scrutins locaux, parfois déterminants pour le futur du droit à l’avortement.

Le président américain Joe Biden a une nouvelle fois dénoncé vendredi la décision « terrible et extrême » de la Cour suprême qui « chamboulera des vies » selon lui. Le dirigeant démocrate a exhorté les Américains à se rendre aux urnes en novembre pour renforcer sa majorité au Sénat, afin de tenter le passage d’une loi fédérale protégeant le droit à avorter.