(Needham) Les États-Unis ont démarré mardi leur campagne de vaccination des moins de cinq ans contre la COVID-19, une étape saluée par certains parents, désireux de protéger leurs enfants des pires conséquences du virus.

Publié le 21 juin
Joseph Prezioso avec Issam AHMED à Washington Agence France-Presse

« Nous sommes ravis », déclare Amisha Vakil, la mère de deux garçons de trois ans, qui portent des tee-shirts Spiderman assortis pour recevoir leur vaccin Moderna dans un hôpital pour enfants de Houston, au Texas.

L’un des jumeaux a subi trois opérations à cœur ouvert au cours de ses cinq premiers mois. « Il présente un risque très élevé, alors vous savez, nous avons vécu dans une petite bulle » pendant toute la pandémie, ajoute sa maman. « Maintenant, il a une petite armure qui l’aide beaucoup ».

Dans le même hôpital, Anna Farrow, venue avec son mari Luke, espère que « c’est en quelque sorte le début d’une enfance normale » pour ses deux enfants, George, 3 ans, et Hope, 10 mois.

« Étape historique »

« C’est une étape historique, un pas en avant monumental », s’est félicité le président américain Joe Biden, alors que des millions de vaccins étaient déployés dans tout le pays.

Pour « la première fois dans notre lutte contre cette pandémie, presque chaque Américain peut avoir accès à des vaccins vitaux », a-t-il ajouté depuis la Maison-Blanche.

L’Agence américaine des médicaments (FDA) avait donné la semaine dernière son feu vert aux vaccins de Pfizer et Moderna pour les bébés, enfants et adolescents dès 6 mois d’âge, alors que seul le vaccin Pfizer était autorisé jusque-là pour les plus de cinq ans. Dans la foulée, les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), principale agence sanitaire du pays, les ont recommandés samedi.

Une poignée d’autres pays et territoires, dont l’Argentine, le Bahreïn, le Chili, la Chine, Cuba, Hong Kong et le Venezuela, proposaient auparavant des injections de COVID-19 pour les tout-petits, mais pas des vaccins à ARNm (Pfizer, Moderna), considérés comme la technologie de pointe en la matière.

L’Agence européenne des médicaments examine actuellement le vaccin Moderna pour son utilisation chez les moins de six ans et pourrait suivre la décision américaine.

500 décès

Les enfants âgés de six mois à quatre ans sont loin de courir un risque aussi grand que les adultes en cas d’infection.

Mais l’ampleur des contaminations a entraîné plus de 45 000 hospitalisations et près de 500 décès – sur plus d’un million au total – dans le groupe des 0-4 ans aux États-Unis depuis le début de la pandémie.

À Needham, dans l’État du Massachusetts, un responsable du Temple Beth Shalom, Ellen Dietrick, s’attendait à accueillir 300 enfants dès le premier jour.

Pour Daniel Grieneisen, père d’une petite fille de trois ans, « cela signifie que dans quelques semaines nous pourrons l’emmener dans des lieux en intérieur, et en quelque sorte retrouver nos vies, c’est assez enthousiasmant ».

Selon une enquête de la Kaiser Family Foundation en mai, seul un parent sur cinq d’enfants de moins de cinq ans était impatient de les faire vacciner immédiatement.

« Je pense que je veux voir plus de résultats de recherches », a confié Rita Saeed, 29 ans, les mains sur sa poussette, dans les allées de Central Park à New York, en disant vouloir attendre quelques années avant de vacciner son fils de deux ans.

Signe que la politisation persiste aux États-Unis autour des vaccins, le gouverneur de Floride et possible rival de Donald Trump pour la présidentielle de 2024, Ron DeSantis, a refusé de passer une commande auprès du gouvernement fédéral pour les vaccins des plus jeunes enfants, « qui ont zéro risque d’attraper quoi que ce soit », selon lui.

« Ce n’est pas le moment de faire de la politique », a répondu Joe Biden, « il s’agit de permettre aux parents de faire tout ce qu’ils peuvent pour assurer la sécurité des enfants ».