(Washington) L’opposition républicaine au Sénat a bloqué jeudi une loi de lutte contre le terrorisme intérieur, une dizaine de jours après une tuerie raciste et alors que l’Amérique pleure les enfants tués dans une école au Texas, deux massacres qui ont remis en lumière la paralysie du Congrès.

Publié le 26 mai
Agence France-Presse

La majorité démocrate s’attendait à cet échec, mais avait organisé un vote de procédure pour mettre en relief l’opposition de la droite et la raccrocher au débat plus large sur les violences par armes à feu.

« Ce texte est tellement important parce que la fusillade à Buffalo était un acte de terrorisme intérieur », avait dit le chef de file de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, avant le vote.

La loi prévoyait la création, au sein de la police fédérale américaine (FBI), ainsi que des départements de la Justice et de la Sécurité intérieure, d’unités dédiées à la lutte contre le terrorisme intérieur, avec un accent particulier sur le suprémacisme blanc.

Elle aurait aussi permis la création d’un groupe de travail pour « lutter contre l’infiltration du suprémacisme blanc parmi le personnel en uniforme et les forces de l’ordre fédérales ».

Chuck Schumer avait demandé aux républicains de voter pour l’ouverture de débats sur le texte, leur offrant en échange d’inclure des mesures pour « durcir » la sécurité des écoles après la tuerie au Texas.

Si la fusillade ayant tué dix-neuf enfants et deux enseignantes à Uvalde (Texas) n’avait a priori pas de motivation raciste, au contraire de celle qui a coûté la vie à dix Afro-Américains à Buffalo (État de New York) le 14 mai, la succession de ces deux massacres a relancé la discussion aux États-Unis sur l’accès aux armes.

Malgré le soutien de trois républicains modérés, le vote sur la loi de lutte contre le terrorisme intérieur n’a pas passé le seuil de majorité qualifiée de 60 voix qui vaut pour la quasi-totalité des textes soumis au Sénat.

La chambre haute du Congrès américain se partage entre 50 voix républicaines et 50 voix démocrates – auxquelles s’ajoute de la vice-présidente démocrate Kamala Harris.

Ce blocage augure mal d’autres discussions en cours sur une loi proposée par les démocrates, cette fois spécifiquement destinée à renforcer la régulation des armes à feu et qui sera elle aussi soumise à cette majorité qualifiée.