(Washington) Le président des États-Unis, Joe Biden, a relancé mercredi son initiative contre le cancer, en fixant un nouvel objectif ambitieux : réduire d’au moins 50 % le taux de mortalité lié à cette maladie au cours des 25 prochaines années.

Mis à jour le 2 février
Lucie AUBOURG Agence France-Presse

Le combat contre le cancer, deuxième cause de décès aux États-Unis après les maladies cardiovasculaires, est ouvertement revendiqué comme très personnel par Joe Biden, dont le fils Beau est mort d’une tumeur au cerveau en 2015.

Alors bras droit de Barack Obama, il avait lancé l’année suivante une initiative baptisée « Cancer Moonshot », qu’il s’agit aujourd’hui de « raviver », selon l’exécutif.

« Je me suis engagé dans cette lutte lorsque j’étais vice-président. Et franchement, c’est l’une des raisons pour lesquelles je me suis présenté pour être président », a déclaré Joe Biden mercredi.

Il s’agit d’une priorité présidentielle, un point c’est tout.

Joe Biden, président des États-Unis

La mortalité liée au cancer a d’ores et déjà été réduite de 25 % ces 20 dernières années. Des progrès notamment réalisés grâce à la baisse du tabagisme, mais aussi à l’amélioration des traitements ou encore à des dépistages plus précoces.

Le gouvernement souhaite poursuivre ces efforts.

Le but est d’« en finir avec le cancer tel qu’on le connaît aujourd’hui », a souligné Joe Biden lors d’un évènement à la Maison-Blanche, qui rassemblait une centaine de personnes, dont des chercheurs, des membres d’association, des patients et des élus du Congrès.

La vice-présidente, Kamala Harris – dont la mère était oncologue spécialiste du cancer du sein et est elle-même morte d’un cancer du côlon en 2009 –, ainsi que la première dame, Jill Biden, se sont également exprimées lors de l’évènement.

Appel aux dépistages

« Les objectifs présentés par le président sont ambitieux, mais en même temps réalisables », a commenté auprès de l’AFP Jon Retzlaff, de l’American Association for Cancer Research. « C’est un but autour duquel la communauté peut se rassembler. »

L’hôte de la Maison-Blanche avait promis qu’il s’attaquerait au sujet une fois la pandémie de COVID-19 passée, mais celle-ci s’est prolongée au-delà de ce qui avait été anticipé.

Un cabinet chargé de coordonner les actions du gouvernement va être créé, et un sommet réunissant les différents acteurs du secteur, organisé.

« Un appel à l’action » pour le dépistage du cancer a été lancé, afin de rattraper les quelque 9,5 millions de dépistages manqués à cause de la pandémie de COVID-19 aux États-Unis.

Le président a rappelé qu’il avait lui-même subi une coloscopie en novembre dernier.

Le gouvernement souhaite également s’attaquer aux disparités dans l’accès à la prévention et aux traitements.

L’American Cancer Society, l’une des associations les plus importantes du pays en la matière, a déclaré « applaudir » Joe Biden pour son initiative.

« Il reste des progrès significatifs à faire pour s’assurer que tout le monde ait une possibilité égale et juste de prévenir, détecter, soigner et survivre au cancer », a déclaré l’organisation dans un communiqué.

Pas de nouveaux fonds

En 2016, 1,8 milliard avait été alloué sur sept ans lors du lancement de l’initiative, avec l’accent mis sur la recherche.

Des espoirs de nouveaux traitements ont récemment été suscités par la technologie de l’ARN messager, utilisée dans certains vaccins contre la COVID-19.

Mais aucun nouveau financement n’a été annoncé mercredi.

Joe Biden a appelé les membres du Congrès à financer son programme. « Je pense qu’il existe un fort soutien au sein des deux partis », a-t-il déclaré.

Un haut responsable s’exprimant sous le couvert de l’anonymat s’est dit « très confiant » par rapport à la possibilité de fonds supplémentaires à l’avenir.

« Des ressources seront nécessaires pour atteindre ces objectifs », a souligné Jon Retzlaff, qualifiant l’annonce du plan exposé mercredi de « premier pas ».

« Nous attendons et espérons que le président annonce une augmentation majeure des financements » dans son projet de budget pour 2023, a-t-il dit à l’AFP.

L’American Cancer Society anticipe 1,9 million de nouveaux cas de cancer aux États-Unis en 2022 et près de 610 000 morts, soit 1670 par jour.