(Boston) Le blizzard qui touche depuis deux jours le nord-est des États-Unis continuait aux premières heures de dimanche à ensevelir la région sous une neige accompagnée de rafales de vent pouvant atteindre 120 km/h.

Publié le 30 janvier
Joe Prezioso, avec Ed Jones à New York Agence France-Presse

Samedi en fin de journée, la ville de Boston avait reçu près de 60 cm de neige, égalant le record de 2003, tandis que toute la région est quasi-paralysée, avec chaos dans les transports, coupures d’électricité et températures polaires.

Ce blizzard est une « bombe cyclonique », tempête caractérisée par la puissance explosive des baisses rapides de pression atmosphérique, a confirmé le service météo national (NWS).

Le NWS a enregistré des rafales de vent de 80 à 120 km/h, et pronostiqué des températures polaires dans la nuit ainsi que des coupures de courant, habituelles chaque hiver quand la puissance du vent ou le poids de la neige arrachent les lignes électriques.

Plus de 95 000 foyers se trouvaient sans électricité, avaient annoncé samedi soir les autorités, alors que la neige continuait à tomber. Plusieurs villes de la région ont enregistré des records absolus, avec plus de 70 cm de neige.

Le voile blanc

Les autorités ont à nouveau samedi soir demandé aux habitants d’éviter au moins jusqu’à dimanche en milieu de matinée les déplacements qui ne soient pas absolument nécessaires, alors que toute la région se préparait à une deuxième nuit de voile blanc - lorsque la neige et le ciel blanc se confondent jusqu’à ce qu’on soit incapable de se repérer.  

À New York, chasse-neige et machines à sel avançaient à vitesse d’escargot pour libérer peu à peu les rues, tandis que Central Park était sous 20 cm de neige, et que beaucoup de lignes de chemin de fer étaient fermées.

PHOTO CAITLIN OCHS, REUTERS

Central Park a reçu plus de 20 cm de neige.

À Times Square recouvert de neige, les fameux néons n’étaient plus de de vagues halos dans l’air plein de neige.  

Mais les rares passants présents sont tombés stupéfaits sur le célèbre « cow-boy nu », alias Robert Burck, un artiste de rue qui joue de la guitare et chante quel que soit le climat.  

Comme à son habitude, il ne portait qu’un slip, son chapeau et ses bottes de cow-boy, impassible malgré le froid.

PHOTO ED JONES, AGENCE FRANCE-PRESSE

Le célèbre « cow-boy nu », alias Robert Burck

« C’est fantastique », a lancé un touriste espagnol, Gonzalo Vazquez. « C’est comme si on était au ski, mais avec toutes ces lumières et ces écrans ».

À Brooklyn, dans le quartier branché de Cobble Hill, les trottoirs étaient recouverts d’au moins 30 centimètres de neige et nombre de commerces fermés. « Happy Snow Day ! », a toutefois lancé un habitant du quartier, tout sourire, en sortant d’un des petits immeubles en brique typiques du quartier, aux toits blanchis.

Le gigantesque réseau de métro de la mégapole de neuf millions d’habitants fonctionnait à peu près normalement et servait, comme pour chaque intempérie, de refuge aux milliers de sans-abri de cette ville aux profondes inégalités socio-économiques.  

Morte de froid

Au nord de la ville, sur Long Island, le cœur de la tempête, ce sont 60 cm qui se sont accumulés samedi soir selon la gouverneure de l’État de New York Kathy Hochul.

Elle a mis en garde contre « une tempête très sérieuse » et « potentiellement meurtrière », mais seule une femme a été retrouvée sans vie dans sa voiture, possiblement morte de froid, selon le chef du comté de Nassau, Bruce Blakeman.

 « La phase la plus dangereuse de la tempête, c’est maintenant », a-t-elle lancé, demandant aux habitants « de continuer à tout prix d’éviter de se déplacer tandis que nos équipes dégagent les routes » .

Dans le comté voisin et huppé de Weschester, les chasse-neige se sont activés dès l’aube pour dégager les routes et voies qui serpentent entre les maisons bourgeoises enveloppées par la neige.

Les lignes de trains desservant les banlieues nord de New York ont été à l’arrêt toute la journée de samedi.  

À Boston, 900 chasse-neige étaient déployés dans les rues, progressant lentement. « La neige était censée être légère, mais elle est un peu humide maintenant, et donc plus lourde », commentait un conducteur de chasse-neige, Mark Burns.

Plus de 3500 vols ont été annulés dans la région samedi, et plus de 1200 étaient déjà annulés pour dimanche.

Et la vague de froid touche toute la côte. En Floride, d’habitude tropicale, des alertes pour le gel ont été lancées, avec le risque de faire chuter de leurs arbres les fameux iguanes pesant jusqu’à neuf kilogrammes.