(Mayfield) Les autorités du Kentucky exprimaient un relatif soulagement lundi d’avoir retrouvé vivants une centaine d’employés d’une usine de bougies détruite par l’une des tornades dévastatrices qui ont ravagé le sud et le centre des États-Unis, et fait au moins 88 morts.

Mis à jour le 13 déc. 2021
Cyril Julien avec Léa DAUPLE à Washington Agence France-Presse

La fabrique de bougies MCP, dans la petite ville dévastée de Mayfield, était l’objet de toutes les inquiétudes : ce bâtiment pourtant moderne, où étaient censés se trouver 110 employés vendredi soir, avait été transformé par les éléments en un enchevêtrement de poutrelles et de tôles tordues, laissant redouter un très lourd bilan.

Mais l’entreprise, après de frénétiques recherches dans les décombres, a pu confirmer que 94 de ses salariés étaient « vivants et ont été retrouvés », a annoncé lundi matin le gouverneur du Kentucky, Andy Beshear.

« Nous avons craint que cela soit bien pire », a-t-il confié lors d’une conférence de presse, y voyant une « lueur d’espoir » alors que huit personnes sont décédées lors de la destruction de l’usine et huit restent disparues.

Une centaine de sauveteurs, certains venus des États voisins, s’activaient lundi pour dégager les éventuels survivants encore pris au piège sous l’amas de gravats. Grue, pelleteuses déblayaient les plus gros débris aux côtés de secouristes, qui utilisaient leurs mains nues.

Le président américain Joe Biden, qui a assuré « ne pas vouloir gêner » les opérations de secours, se rendra sur place mercredi, ainsi que dans la ville de Dawson Springs, à une centaine de kilomètres de là, pour évaluer les dégâts.

Trois jours après le désastre, au cours duquel une trentaine de tornades ont semé la dévastation sur le sud et le centre des États-Unis, le gouverneur Beshear a par ailleurs annoncé lundi après-midi qu’au moins 74  habitants avaient perdu la vie dans le seul État du Kentucky.

Il a également annoncé, lors de ce point presse, que 109 étaient encore portées manquantes dans son État.

Les victimes sont âgées de 5 mois à 86 ans, avait-t-il précisé dans la matinée, très ému, prévenant qu’il faudrait peut-être attendre « des semaines » avant d’avoir un bilan définitif des morts et des dégâts.

« Comme les gens de l’ouest du Kentucky, je ne vais pas très bien aujourd’hui », a-t-il souligné, la gorge serrée.

En outre, 14 morts ont été enregistrés dans les États voisins du Tennessee (4), de l’Illinois (6), du Missouri (2) et de l’Arkansas (2), ce phénomène météorologique exceptionnel ayant touché six États.

Bâtiments éventrés

A Mayfield, dévastée, arbres couchés et façades arrachées côtoient des bâtiments rasés par la force de la tempête.

« Nous avons travaillé tant d’années pour tout ça, et c’est parti en fumée », a déclaré à l’AFP Randy Guennel, retraité de 79 ans qui a dit n’avoir « plus de maison, plus de voiture, plus rien ».

Joe Biden a déclaré dimanche l’état de catastrophe majeure dans le Kentucky, permettant de débloquer davantage d’aide fédérale.

« Nous serons présents pour permettre à la population de se relever et de reconstruire », a promis lundi matin Alejandro Mayorkas, ministre américain de la Sécurité intérieure, sur la chaîne de télévision CNN.

« La reconstruction est en cours. Ce n’est pas une question de semaines ou de mois, c’est quelque chose qui durera des années », a prévenu le gouverneur Andy Beshear.

M. Biden a déploré « l’une des séries de tornades les pires » de l’histoire du pays et qualifié leurs ravages d « inimaginable tragédie ».

Ailleurs dans le Kentucky, mais aussi dans les États voisins, se répétaient ces scènes de destruction : maisons aplaties, bâtiments éventrés, structures métalliques tordues par la violence du vent. Les rues étaient jonchées de véhicules renversés, d’arbres arrachés et de briques éparpillées.

Au moins six personnes ont été tuées dans un entrepôt Amazon dont le toit s’est effondré à Edwardsville, dans l’État de l’Illinois, où les sauveteurs poursuivaient leurs recherches en fin de week-end.

Les agences fédérales de réponse aux catastrophes ont commencé à déployer leurs équipes dans les zones dévastées.

« Nouvelle norme »

Les États-Unis font face à une « nouvelle norme » de multiplication des évènements météorologiques dévastateurs, s’est alarmée dimanche la responsable de l’agence américaine de gestion des catastrophes (FEMA), Deanne Criswell.

Elle a notamment souligné la dimension « incroyablement inhabituelle » et « historique » de ces tornades pour cette saison, le mois de décembre étant habituellement plutôt épargné par de tels évènements aux États-Unis.

M. Biden avait, lui, souligné samedi que les phénomènes météorologiques étaient « plus intenses » avec le réchauffement de la planète, sans établir toutefois de lien de causalité directe entre le dérèglement climatique et la catastrophe qui a endeuillé le pays.