(Washington) Les États-Unis ont annoncé mercredi avoir délivré le premier passeport avec le genre « X » à une personne qui ne se reconnaît pas dans les choix traditionnels « masculin » ou « féminin », conformément aux promesses de Joe Biden pour mieux prendre en compte les droits des minorités sexuelles.

Agence France-Presse

Le département d’État américain a « ajouté une case X pour les personnes non-binaires, intersexes » et plus largement celles qui ne se reconnaissent pas dans les critères de genre proposés jusque-là, a annoncé son porte-parole Ned Price.

Cette nouvelle option sera proposée à tous les demandeurs de passeports dès début 2022, a-t-il précisé, réaffirmant l’engagement de la diplomatie américaine à « promouvoir la liberté, la dignité et l’égalité de toutes les personnes ».

L’organisation de défense de droits humains ACLU a estimé qu’il s’agissait d’un « tournant » mais a aussi promis de « continuer à travailler avec le gouvernement Biden pour que les choix de genre convenables soient disponibles sur tous les documents d’identité ».

Human Rights Campaign, qui milite pour les droits des minorités sexuelles, a aussi salué une mesure « historique », et a appelé les États-Unis à « encourager d’autres gouvernements à travers le monde » à suivre cet exemple.

Le Canada l’offre déjà

Au moins onze autres pays, dont le Canada, l’Allemagne et l’Argentine, mais aussi l’Inde ou le Pakistan, proposent le choix « X » ou « autre » dans leurs passeports, selon l’organisation Employers Network for Equality and Inclusion, dont le siège est à Londres.

Le secrétaire d’État Antony Blinken avait déjà assoupli les règles en juin en permettant aux citoyens américains de choisir eux-mêmes leur genre sur leur passeport. Auparavant, les personnes qui voulaient inscrire un genre différent de celui de leur acte de naissance devaient fournir un certificat médical.

Le démocrate Joe Biden a érigé en priorité la défense des droits des minorités sexuelles dans le monde, plus que tout autre président des États-Unis avant lui et en rupture avec son prédécesseur Donald Trump.

Lorsqu’il était secrétaire d’État du milliardaire républicain, Mike Pompeo avait notamment interdit aux ambassades américaines d’arborer le drapeau arc-en-ciel symbole de la communauté LGBTQ.