(New York) La police fédérale américaine a perquisitionné mardi les bureaux d’un syndicat de la police de New York, la Sergeants Benevolent Association, et le domicile de son flamboyant président qui s’est souvent retrouvé en conflit avec les dirigeants de la ville en raison de ses gazouillis incendiaires et de ses tactiques intransigeantes.

Michael R. Sisak Associated Press

Un porte-parole du FBI a indiqué que ces perquisitions s’inscrivent dans le cadre d’une enquête, sans fournir plus de détails.

Le leader syndical Ed Mullins, qui est aussi un sergent au sein du NYPD, fait l’objet de mesures disciplinaires pour avoir diffusé sur Twitter l’an dernier des documents officiels de la police concernant l’arrestation de la fille du maire Bill de Blasio lors d’une manifestation en lien avec le meurtre de George Floyd à Minneapolis.

M. Mullins poursuit également le département, à qui il reproche de tenter de le museler.

Questionné au sujet des perquisitions mardi, le maire de Blasio a dit ne pas avoir suffisamment d’informations pour être en mesure de commenter.

La Sergeants Benevolent Association représente environ 13 000 sergents en service et retraités de la police de New York. Le rang de sergent est supérieur à celui de détective, mais inférieur à ceux de lieutenant et de capitaine.

Sous la présidence de M. Mullins depuis une vingtaine d’années, le syndicat a réclamé de meilleurs salaires — résultant en des augmentations de 40 % — et occupé une place importante dans le mouvement antiréforme.

M. Mullins apparaît périodiquement sur des chaînes comme Fox News et Newsmax. Il contrôle aussi le compte Twitter du syndicat, qui est suivi par quelque 45 000 personnes.

En 2018, M. Mullins avait réclamé la démission de l’ancien commissaire James O’Neill et du chef de département Terence Monahan, après que plusieurs policiers aient été aspergés d’eau. M. O’Neill avait répliqué que M. Mullins était un « gangster du clavier » qui participait rarement aux activités du département.

L’an dernier, M. Mullins a été vertement condamné pour avoir traité l’ancienne commissaire à la santé de la ville, la docteure Oxiris Barbot, de « salope » et la représentante Ritchie Torres de « putain de première classe ».

La docteure Barbot avait refusé de remettre des masques aux policiers lors des premiers jours de la pandémie. Mme Torres avait demandé une enquête concernant une possible grève du zèle des policiers en septembre 2020.

Mme Torres, qui est lesbienne, avait qualifié le gazouillis de M. Mullins d’homophobe.

En 2019, M. Mullins avait laissé entendre lors d’une entrevue radiophonique que Tessa Majors, une étudiante universitaire assassinée dans un parc, s’y était rendue pour acheter de la marijuana. La police avait éventuellement arrêté trois adolescents et indiqué que Mme Majors avait été victime d’un braquage.

La famille de Mme Majors avait estimé qu’il était « profondément inapproprié » pour M. Mullins d’ainsi blâmer la victime.