(Washington) La cheffe démocrate du Congrès américain Nancy Pelosi a affirmé jeudi qu’une nouvelle loi budgétaire serait adoptée à temps avant le 30 septembre pour éviter l’asséchement soudain des finances des services fédéraux, surnommé « shutdown », sans toutefois éclaircir comment elle comptait trouver un accord avec les républicains.

Agence France-Presse

Les démocrates contrôlent les deux chambres du Congrès, mais avec une majorité si étroite au Sénat qu’ils auront besoin de l’opposition pour approuver une loi de finances avant la fin du mois, qui marque la fin de l’année budgétaire aux États-Unis.

Mardi soir, la Chambre des représentants a adopté, grâce aux seules voix démocrates, un projet de loi qui prévoit de prolonger le budget actuel du gouvernement américain jusqu’au 3 décembre, et donc d’éviter le fameux « shutdown » au 1er octobre.  

Si les républicains soutiennent en nombre suffisant cette idée, ils refusent en revanche farouchement d’approuver la suspension du plafond de la dette des États-Unis jusqu’en décembre 2022, une mesure que les démocrates ont glissé dans le même projet de loi.  

La tradition veut que les deux partis approuvent ensemble les mesures concernant la dette des États-Unis (28 800 milliards de dollars).  

Mais les républicains refusent cette fois d’endosser cette décision, pour en laisser toute la responsabilité aux démocrates qu’ils accusent de dépenses « irresponsables ».  

Ce projet de loi est donc voué à l’échec au Sénat, où il doit être soumis au vote dans les prochains jours.  

Le plafond de la dette est le montant à partir duquel le pays ne peut plus émettre de nouveaux emprunts pour se financer, ce qui l’empêche d’honorer ses paiements. Le Trésor américain estime qu’il sera atteint d’ici fin octobre.

« Un jour le jour »

Un défaut de paiement des États-Unis provoquerait un cataclysme financier mondial.  

Une loi budgétaire temporaire qui permettra d’éviter un « shutdown » sera « approuvée par les deux chambres d’ici le 30 septembre », a affirmé Nancy Pelosi.  

Nous « garantirons le financement du gouvernement d’ici le 30 septembre et continuerons la conversation sur le plafond de la dette […] mais pas trop longtemps, car toute discussion fait peser le doute » sur les marchés, a-t-elle insisté.  

Réputée pour ses qualités de stratège, l’octogénaire n’a toutefois pas précisé comment elle comptait y parvenir.  

En théorie, les démocrates pourraient dissocier ces deux questions. Les républicains approuveraient ainsi avec eux le budget tandis qu’ils suspendraient le plafond de la dette avec leurs seules courtes majorités, grâce à une manœuvre parlementaire.  

En parallèle du bras de fer avec les républicains, les démocrates poursuivent, au sein de leur parti, de difficiles négociations autour des grands projets d’investissements voulus par Joe Biden : un plan d’infrastructures de 1200 milliards de dollars ainsi qu’un projet historique de réformes sociales de 3500 milliards de dollars.

Les discussions complexes opposent l’aile gauche du parti et les plus centristes.  

Ces derniers veulent avancer sans plus attendre vers un vote final à la Chambre sur les infrastructures, que Nancy Pelosi leur a promis pour lundi prochain.

Mais les élus plus à gauche refusent de donner le feu vert final aux infrastructures tant que l’autre plan titanesque de dépenses sociales, encore loin d’être finalisé, n’a pas été adopté.

Ils sont assez nombreux à la Chambre pour faire échouer le vote attendu lundi.  

Bien consciente de ce danger, Nancy Pelosi a affiché son « calme » jeudi : « Nous prenons les choses au jour le jour. Mais je suis convaincue que les deux textes seront approuvés. »