(Washington) Les États-Unis vont doubler leurs dons de vaccins contre la COVID-19, portant le total de doses promises à des pays pauvres à plus de 1,1 milliard, a annoncé Joe Biden mercredi, affichant clairement son intention de mener la riposte mondiale contre la pandémie.

Aurélia END Agence France-Presse

Le président américain aurait pu faire l’annonce mardi devant l’Assemblée générale des Nations unies, mais il l’a réservée à une réunion virtuelle organisée à son initiative le lendemain.

PHOTO FREDERIC J. BROWN, AGENCE FRANCE-PRESSE

Washington va acheter et distribuer aux pays en développement 500 millions de doses supplémentaires du vaccin Pfizer.

« J’ai fait la promesse, et je la tiens, que l’Amérique sera l’arsenal de vaccins du monde, tout comme elle a été l’arsenal de la démocratie pendant la Seconde Guerre mondiale », a-t-il dit depuis la Maison-Blanche, entouré d’écrans.

Et ce alors que Pékin veut aussi se positionner comme un recours pour les pays en quête de vaccins.

Pour chaque dose administrée aux États-Unis, Washington en donne trois à d’autres pays, a précisé le président.

Participaient à la réunion, entre autres, le président sud-africain Cyril Ramaphosa, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président indonésien Joko Widodo, ou encore les responsables des Nations unies et de l’Organisation mondiale de la Santé.

« Nous avons besoin que d’autres pays à hauts revenus mettent en pratique leurs promesses ambitieuses de dons », a réclamé Joe Biden.

L’Espagne a annoncé mercredi un don de 30 millions de doses au total à des pays en développement, tandis que le Japon a porté à 60 millions le nombre de doses qu’il va fournir au monde.

L’Union européenne, avec laquelle les États-Unis entendent coopérer étroitement, va elle distribuer plus de 500 millions de doses.

L’UE et Washington veulent aussi voir naître un Fonds international consacré aux questions sanitaires internationales, ainsi que la mise en place d’un « radar des pandémies » international pour détecter de futurs foyers de contagion.

Inégalités

Les États-Unis vont acheter et distribuer aux pays en développement 500 millions de doses supplémentaires du vaccin Pfizer/BioNTech, ce qui porte leurs promesses de dons à 1,1 milliard de doses, en prenant en compte de précédentes annonces.

Pfizer et BioNTech précisent dans un communiqué que le milliard de doses qu’ils vont fournir au total aux États-Unis à des fins de don, à prix coûtant, doit être intégralement distribué d’ici août 2022.

A ce jour, les États-Unis ont déjà expédié environ 160 millions de doses à plus de 100 pays.

Selon une base de données de l’AFP, aux États-Unis, environ 55 % de la population est entièrement vaccinée, le chiffre dépassant 70 % pour la France et 80 % pour les Émirats arabes unis.  

Mais au Cameroun par exemple, seulement 1,4 % de la population a reçu au moins une dose. La proportion est d’un peu plus de 5,5 % en Angola. Et ne dépasse pas 0,35 % pour Haïti.

« Vous ne pouvez pas imaginer notre déception d’être dans une telle assemblée et de côtoyer des pays qui administrent à présent une troisième dose pendant que la plupart de nos concitoyens n’ont pas encore eu la première », a ainsi lancé, dans un message virtuel à l’Assemblée générale de l’ONU, le président du Malawi Lazarus Chakwera.

« Cette forme de nationalisme vaccinal est injuste », « cela doit cesser », a-t-il martelé.

Les États-Unis répètent à l’envi — et Joe Biden l’a encore dit mercredi — que leurs dons ne sont accompagnés d’aucune condition politique, une manière plus ou moins voilée de pointer la Chine, qui selon eux pratiquerait une « diplomatie du vaccin » en calibrant très précisément ses dons.

Le président chinois Xi Jinping, dans un message vidéo à l’ONU diffusé mardi, a estimé qu’« assurer une distribution juste et équitable des vaccins dans le monde était une priorité pressante ».

La Chine entend « fournir au total 2 milliards de doses de vaccin au monde d’ici la fin de l’année », a-t-il dit, répétant un chiffre déjà donné par les autorités chinoises, qui ne précisent pas toutefois dans quelle proportion il s’agit là de ventes ou de dons.