(Washington) La Chine a envoyé à Washington un ambassadeur connu pour son intransigeance, Qin Gang, au moment où les relations entre les deux premières puissances mondiales sont « dans l’impasse », de l’aveu même de la diplomatie chinoise.

Agence France-Presse

M. Qin est arrivé mercredi à l’aéroport JFK de New York, a annoncé l’ambassade de Chine à Washington, diffusant des photos du nouvel ambassadeur portant un masque avec un drapeau rouge bien en évidence.

Le nouvel ambassadeur s’est taillé une réputation de « loup combattant », cette nouvelle race de diplomates chinois connus pour leur tonalité agressive envers les pays occidentaux.

À son arrivée, il s’est toutefois montré conciliant envers ses hôtes.

« En tant que deux grands pays différents par leur histoire, leur culture, leur système social et leur stade de développement, la Chine et les États-Unis entrent dans un nouveau cycle d’exploration mutuelle, de compréhension et d’adaptation, en essayant de trouver un moyen de s’entendre », a-t-il déclaré aux journalistes.

« Je m’efforcerai de bâtir des canaux de communication et de coopération avec tous les secteurs aux États-Unis et m’emploierai à remettre la relation Chine-USA sur les rails », a-t-il promis, selon d’autres propos rapportés par son ambassade.

Le diplomate, qui a occupé le poste de vice-ministre des Affaires étrangères de 2018 à 2021, a promis de ramener les liens entre les États-Unis et la Chine « sur la bonne voie », selon une transcription de ses propos diffusée par l’ambassade de Chine.

M. Qin a indiqué sur Twitter, à partir d’un nouveau compte officiel, qu’il allait entamer une quarantaine de 14 jours en résidence et « se mettre au travail rapidement ».

Hong Kong, Taïwan, Xinjiang, droits de l’Homme, commerce, technologies et origines de la COVID-19 : les sujets de contentieux ne manquent pas entre les deux premières puissances mondiales et le président américain Joe Biden n’a jusqu’à présent guère modifié la politique de confrontation suivie par son prédécesseur Donald Trump.

Lundi, la Chine a adressé un réquisitoire en règle contre la politique de Washington lors de la première visite dans le pays d’une haute responsable de la diplomatie américaine de l’ère Biden, Wendy Sherman.

La relation bilatérale est « dans une impasse », lui avait lancé son interlocuteur chinois, accusant les Américains de voir la Chine « comme un ennemi imaginaire ».

La nouvelle administration américaine n’a toujours pas nommé d’ambassadeur à Pékin, mais des informations de presse ont fait état de la nomination du diplomate de carrière Nicholas Burns.