(Washington) Le président américain Joe Biden s’est dit samedi « profondément déçu » par une décision de justice qui invalide partiellement une réforme phare de Barack Obama, destinée à protéger les jeunes migrants arrivés enfants aux États-Unis.

Agence France-Presse

Joe Biden a précisé, dans un communiqué, que son administration allait faire appel de la décision d’un juge fédéral « qui plonge des centaines de milliers de jeunes migrants dans un avenir incertain ».

La décision porte sur le programme DACA, adopté en 2012 pour faire sortir de la clandestinité les migrants de moins de 30 ans, entrés illégalement sur le sol américain dans leur enfance et ayant construit leur vie aux États-Unis, surnommés les « Dreamers ».

Quelque 700 000 jeunes profitent de ce programme, qui empêche de les expulser, et leur donne un numéro de sécurité sociale, sésame indispensable pour travailler, conduire ou étudier aux États-Unis.

Mais, un juge fédéral de Houston a estimé, vendredi soir, que l’ancien président avait outrepassé ses pouvoirs en agissant par décret, après avoir échoué à faire adopter cette réforme au Congrès.  

Sa décision ne porte pas sur les personnes déjà inscrites dans le programme, mais interdit d’en faire bénéficier de nouveaux jeunes.

Même si la partie judiciaire se poursuit, il s’agit d’un nouveau coup dur après de premières tentatives de faire tomber ces protections.

En 2017, le président républicain Donald Trump, qui avait fait de la lutte contre l’immigration clandestine l’un de ses chevaux de bataille, avait en effet décidé de mettre un terme au programme DACA, le décrétant « illégal ».

Saisis en urgence, des tribunaux avaient suspendu sa décision, offrant un répit aux « Dreamers ». Le gouvernement Trump avait alors fait appel jusqu’à la Cour suprême, qui a finalement décidé en 2020 de lui donner tort pour des raisons de procédure.

Dès son arrivée à la Maison-Blanche, Joe Biden, qui fut pendant huit ans le vice-président de Barack Obama, a proposé une vaste réforme migratoire qui, entre autres, prévoit d’inscrire dans la loi le statut des « Dreamers ».  

« Seul le Congrès peut tracer un chemin vers la citoyenneté pour les Dreamers et leur apporter les assurances et la stabilité dont ils ont besoin et qu’ils méritent », a-t-il martelé samedi dans son communiqué.  

Ces jeunes jouissent d’une bonne image dans la population qui, dans l’ensemble, considère qu’ils n’ont pas à payer les choix de leurs parents. Mais les républicains, qui disposent d’une minorité de blocage au Congrès, s’opposent violemment à d’autres dispositions de la réforme ce qui rend son adoption, en l’état, peu probable.