(Washington) L’administration du démocrate Joe Biden a annoncé vendredi porter plainte contre l’État républicain de Géorgie, l’accusant d’avoir réformé sa loi électorale dans le but de restreindre l’accès au vote des Afro-Américains.

Publié le 25 juin 2021
Agence France-Presse

« Notre plainte soutient que les changements récents des lois électorales de Géorgie ont été adoptés dans le but de nier ou de réduire le droit de vote des habitants noirs » de cet État du Sud, a déclaré le procureur général Merrick Garland lors d’une conférence de presse.

M. Garland a précisé que ses services « examinaient toutes les lois adoptées » récemment et celles en discussion. « Nous n’hésiterons pas à agir » si d’autres violations étaient constatées, a-t-il dit.

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Le procureur général des États-Unis, Merrick Garland

Depuis le début de l’année, au moins 14 réformes électorales ont été adoptées dans des États dirigés par les républicains.  

Le président Joe Biden a condamné des attaques « absolument sans précédent » sur le droit de vote des minorités.

Les républicains assurent que leurs textes visent à lutter contre la fraude électorale, en écho à l’ancien président Donald Trump qui maintient contre toute évidence que la présidentielle de 2020 lui a été « volée ».

En Géorgie, le gouverneur Brian Kemp a signé en mars une loi qui, entre autres, réduit la période du vote par correspondance, une procédure plébiscitée par les Afro-Américains, et interdit de distribuer de l’eau ou de la nourriture devant les bureaux de vote, alors que les files d’attente sont plus longues dans les quartiers noirs.

« Plusieurs de ces dispositions ont été adoptées dans un but discriminatoire et en violation de la loi fédérale sur le droit de vote », adoptée en 1965 après la grande mobilisation pour les droits civiques, a estimé Kristen Clarke, responsable de ces sujets au département de la Justice.

L’État de Géorgie, qui a un long passé ségrégationniste, dispose d’une importante population afro-américaine qui s’est mobilisée pour Joe Biden lors de la présidentielle, faisant basculer l’État dans l’escarcelle démocrate.

Donald Trump a de nouveau accusé vendredi les responsables électoraux de l’État d’avoir organisé un scrutin « truqué et corrompu » et a reproché au gouvernement démocrate d’« instrumentaliser le département de la Justice ».

« Joe Biden se sert du ministère de la Justice pour attaquer l’intégrité des élections », a également jugé la cheffe du parti républicain Ronna McDaniel, en promettant d’intervenir dans la bataille « par tous les moyens à sa disposition ».