(Washington) L’administration américaine a élargi mardi le cadre d’un programme permettant à des proches d’enfants migrants de demander à en devenir les tuteurs légaux, une mesure destinée à prendre en charge l’afflux de jeunes migrants d’Amérique centrale venus se réfugier aux États-Unis.

Agence France-Presse

Le programme, dit des « mineurs d’Amérique centrale » (« Central American Minors program » en anglais), avait été mis en place par Joe Biden en 2014, alors vice-président de Barack Obama, pour permettre à des parents résidant légalement aux États-Unis d’obtenir la garde de leurs enfants arrivés seuls sur le sol américain.

L’ancien président républicain Donald Trump avait mis fin à ce programme, qui a toutefois été rapidement relancé après l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche.

Le programme étend donc la possibilité de devenir tuteur légal aux membres de la famille des enfants n’étant pas leurs parents (grands-parents, tante, oncle, cousins). L’administration de Joe Biden ouvre aussi le programme aux tuteurs dont le statut légal est en cours de détermination, y compris aux parents ayant eux-mêmes déposé une demande d’asile encore en cours de traitement.

« Nous sommes fermement engagés à accueillir les gens aux États-Unis avec humanité et respect, ainsi qu’à offrir une alternative légale à l’immigration irrégulière », ont déclaré le ministre de la Sécurité intérieure Alejandro Mayorkas, actuellement au Mexique, et le secrétaire d’État Antony Blinken, dans un communiqué.

« Nous tenons notre promesse de promouvoir une immigration sûre, ordonnée et humaine depuis l’Amérique centrale via cette extension des voies légales pour rechercher une protection humanitaire aux États-Unis », ont-ils ajouté.

Le département d’État a identifié 3162 enfants migrants qui pourraient bénéficier de la mesure, a indiqué la porte-parole Jalina Porter.

La décision intervient alors que Joe Biden est sous le feu des critiques de ses adversaires républicains, qui lui attribuent la responsabilité de l’afflux migratoire actuel à la frontière sud des États-Unis.

La vice-présidente Kamala Harris, chargée par le démocrate de s’attaquer à cet épineux dossier, s’est rendue début juin au Mexique et en Amérique centrale afin de s’attaquer aux causes de l’afflux record de migrants.

Le nombre de migrants sans papiers arrêtés à la frontière entre le Mexique et les États-Unis a atteint en avril son plus haut niveau depuis 15 ans : parmi ces plus de 178 600 migrants dont des mineurs arrivés seuls, 82 % venaient du Mexique et du « triangle nord » de l’Amérique centrale – Guatemala, Honduras et Salvador.

Le programme Central American Minors permet aux ressortissants non mariés de moins de 21 ans du Guatemala, du Honduras et du Salvador, de demander l’asile ou, en cas de refus, un statut temporaire qui ne permet pas d’acquérir la citoyenneté américaine.