(Washington) La panique des automobilistes à la recherche d’essence sur la côte est américaine continuait de s’étendre mercredi, six jours après la fermeture du principal oléoduc de carburants aux États-Unis attaqué par des pirates informatiques.

Agence France-Presse

Une douzaine d’États allant de la Floride à la Virginie ont déclaré l’état d’urgence, renforçant le sentiment d’affolement des consommateurs qui se pressaient dans les stations-service, bidons à la main.

Le président Joe Biden fait « tout ce qui est en (son) pouvoir pour assurer de minimiser l’impact sur les Américains et leur vie quotidienne », a affirmé la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki.

« Nous sommes conscients de l’inquiétude ambiante et nous n’avons pas perdu de temps pour agir », a pour sa part déclaré le secrétaire aux Transports, Pete Buttigieg.

Pour atténuer les perturbations, les autorités américaines ont autorisé dès dimanche soir les chauffeurs routiers transportant des produits raffinés à travailler plus longtemps.

En Floride, 73 % des stations de la région de Pensacola étaient à court d’essence, selon Patrick De Haan, du site spécialisé dans le suivi des prix de l’essence GasBuddy. Autour de Raleigh-Durham en Caroline du Nord, 7 stations sur 10 n’avaient plus d’essence non plus et 6 sur 10 en manquaient autour de la capitale de Géorgie, Atlanta.  

L’essence commençait à se faire rare aussi en Virginie et même à Washington DC où 8 % des stations en étaient dépourvues, selon la même source.

« Nous voilà six jours après la fermeture de l’oléoduc de Colonial Pipeline et avec les déclarations d’état d’urgence, la perception du public est que la pénurie est grave et qu’il faut aller faire le plein », a commenté Andy Lipow, président du cabinet de consultants de Lipow Oil Associates.

« Il en résulte que la demande d’essence est deux à trois fois plus forte qu’à l’ordinaire ce qui aggrave la situation », a ajouté l’analyste.

Colonial Pipeline qui transporte 45 % de l’essence, du diesel et du kérosène américains depuis les raffineries du Golfe du Mexique vers la côte est américaine, a été victime vendredi soir d’un piratage informatique qui l’a forcé à fermer son système.  

Selon la police fédérale américaine, cette cyberattaque qui a utilisé un rançongiciel, ou « ransomware », a été menée par le groupe criminel Darkside.

Colonial Pipeline a rouvert progressivement des lignes latérales opérées manuellement, mais pas encore son réseau principal, selon un communiqué diffusé mardi soir.

« La situation va empirer avant de s’améliorer », a commenté M. Lipow.

Colonial Pipeline n’est pas le seul oléoduc à alimenter l’Est américain en carburants, mais c’est le plus important. Son concurrent Plantation Pipeline qui transporte également les produits raffinés vers la côte est s’arrête à Baltimore et a une capacité d’environ un tiers de celle de Colonial.

Le prix moyen du gallon d’essence (3,79 litres) à la pompe frôlait les 3 dollars pour la première fois depuis novembre 2014, a indiqué l’association automobile AAA.  

Face à l’affolement des automobilistes, l’agence de protection des consommateurs a lancé un avertissement : « ne remplissez pas des sacs plastiques avec de l’essence. Oui, cela peut paraître évident. Mais quand les gens sont désespérés, ils ne réfléchissent pas correctement », dans un tweet assorti d’une image d’explosion violente.

M. Buttigieg a lui souligné que « faire des réserves d’essence n’arrange pas les choses », « et en aucune façon, on ne doit stocker de l’essence ailleurs que dans le réservoir de sa voiture ou dans un bidon prévu à cet effet ».