(Falls Church) Le plus haut tribunal de Virginie a déterminé jeudi que la Ville de Charlottesville pouvait retirer deux statues de généraux confédérés, dont celle de Robert E. Lee qui a été au centre d’un violent rassemblement suprémaciste blanc en 2017.

Matthew Barakat, Michael Kunzelman
Associated Press

La Cour suprême de l’État a annulé une décision de la Cour de circuit en faveur d’un groupe de résidants qui avaient intenté une action en justice pour empêcher la Ville de retirer la statue de Lee et une autre à proximité du général Thomas J. « Stonewall » Jackson. Le conseil municipal de Charlottesville a voté pour le retrait des deux statues.

Les organisateurs suprémacistes blancs et néonazis du rassemblement « Unite the Right » d’août 2017 à Charlottesville ont déclaré qu’ils s’étaient rendus dans la ville pour défendre le maintien de la statue de Lee. Ils ont affronté des contre-manifestants avant qu’un homme ne fonce avec sa voiture sur une foule de personnes et cause la mort d’une femme.

La statue de Jackson a été érigée à Jackson Park en 1921 et la statue de Lee a été érigée à Lee Park en 1924. En 1918, la Ville avait accepté l’offre d’un résidant du don d’un terrain pour les deux statues.

Les responsables de la Ville ont salué la décision dans un communiqué jeudi et ont déclaré qu’ils prévoyaient de réaménager les espaces du parc où se trouvent les statues « d’une manière qui favorise la guérison et raconte une histoire plus complète de Charlottesville ».

La mairesse de Charlottesville, Nikuyah Walker, a remercié la communauté « pour sa persévérance au cours des cinq dernières années ». « Pour nous tous, qui étions du bon côté de l’histoire, bravo ! », a-t-elle déclaré.

Dans la décision de jeudi, le juge de la Cour suprême de l’État, Bernard Goodwyn, a déclaré que les deux statues avaient été érigées bien avant une loi d’État de 1997 qui interdisait aux gouvernements locaux de les retirer.

Il a écrit que la loi ne devrait pas être appliquée rétroactivement ; ceux qui cherchaient à maintenir les statues en place avaient soutenu que l’intention évidente du législateur était de faire exactement cela.

La loi de 1997 « n’a pas donné à la Ville le pouvoir d’ériger les statues, et elle n’interdit pas à la Ville d’en disposer », a écrit M. Goodwyn.

S. Braxton Puryear, l’un des avocats des résidants qui ont intenté une poursuite, a déclaré qu’il n’avait pas encore lu la décision et ne pouvait pas immédiatement la commenter. Frederick W. Payne, un avocat de Charlottesville qui figurait sur la liste des principaux plaignants a également refusé de commenter jeudi.

Richard Schragger, professeur de droit à l’Université de Virginie, spécialisé dans l’intersection du droit constitutionnel et du droit des gouvernements locaux, a dit s’attendre à ce que la décision de jeudi soit le dernier mot dans cette affaire de longue date, car il ne voit aucun motif de contestation en vertu de la loi fédérale.

La loi de 1997 qui interdisait aux gouvernements locaux de retirer les statues de figures confédérées a été abrogée en 2020, après que les démocrates ont pris le contrôle de l’Assemblée générale lors des élections de 2019. Depuis lors, les gouvernements locaux à travers l’État ont retiré des statues qui étaient en place depuis un siècle ou plus.

La loi de 2020 impose certaines exigences aux gouvernements locaux qui cherchent à retirer une statue, comme la tenue d’une audience publique et l’offre de la statue à un musée ou à une société historique pour une éventuelle réinstallation. Dans la décision de jeudi, les juges indiquent dans une note de bas de page qu’ils rendent leur décision en se basant sur l’ancienne loi.