(Washington) Le bilan de l’épidémie de COVID-19 aux États-Unis, qui a dépassé 500 000 morts lundi, est « déchirant », a déclaré d’une voix émue le président américain Joe Biden lors d’une allocution depuis la Maison-Blanche.

Alice Girard-Bossé Alice Girard-Bossé
La Presse

« Nous devons résister à la tentation de voir chaque vie comme une statistique […] Nous devons le faire pour honorer les morts », a-t-il indiqué.

Le président Biden, sa femme Jill Biden, ainsi que la vice-présidente Kamala Harris et son mari Doug Emhoff ont ensuite observé un moment de silence devant la Maison-Blanche lors d’une cérémonie d’allumage des bougies. Quelque 500 bougies étaient disposées sur le balcon et les escaliers de la Maison-Blanche pour symboliser les 500 000 morts de la COVID-19 au pays.

Aujourd’hui, je demande à tous les Américains de se souvenir. Souvenez-vous de ceux que nous avons perdus et de ceux que nous avons laissés derrière. Je demande aussi que nous agissions, que nous restions vigilants, que nous gardions nos distances, que nous portions des masques, que nous nous fassions vacciner.

Joe Biden

Le président Biden a ordonné que tous les drapeaux sur la propriété fédérale soient abaissés en berne pendant les cinq prochains jours. Les cloches de la cathédrale nationale de Washington ont également sonné 500 fois.

Le 19 janvier, le président avait organisé un évènement pour marquer les 400 000 Américains morts de la maladie. Moins d’un mois plus tard, 100 000 autres Américains ont succombé au virus.

PHOTO JONATHAN ERNST, REUTERS

Joe Biden, sa femme Jill Biden, la vice-présidente Kamala Harris et son mari Doug Emhoff devant la Maison-Blanche

Le bilan s’alourdit

Plus de 28 millions d’Américains ont contracté le virus depuis le début de la pandémie. C’est le pays le plus touché au monde en valeur absolue par la pandémie. C’est presque le double de l’Inde, au deuxième rang des pays les plus touchés avec 11 millions de cas. Le Brésil, au troisième rang, en compte 10,1 millions.

Les États-Unis représentent environ 20 % des morts de la COVID-19 dans le monde, mais ne représentent que 4,25 % de la population mondiale. Jusqu’à présent, plus d’Américains sont morts du virus que sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale, de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre du Viêtnam combinées.

Le premier décès connu attribuable à la COVID-19 dans le pays est survenu dans le comté de Santa Clara, en Californie, le 6 février 2020, et à la fin du mois de mai, 100 000 personnes étaient mortes. Environ un tiers des décès est survenu dans les maisons de retraite et autres établissements de soins de longue durée.

L’espérance de vie des Américains a également chuté d’un an en raison du coronavirus, a déclaré la semaine dernière les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) des États-Unis. Le changement a été le plus marqué parmi les minorités raciales, qui ont été touchées de manière disproportionnée par le virus mortel.

Le taux de mortalité des Noirs américains atteints de la COVID-19 a été presque deux fois plus élevé que celui des Américains blancs. Le taux de mortalité des Hispaniques était 2,3 fois plus élevé que celui des Américains blancs. Il était 2,4 fois plus élevé chez les Autochtones.

Des nouvelles encourageantes

Au cours des dernières semaines, le nombre de nouveaux cas de virus a considérablement ralenti aux États-Unis, et la distribution des vaccins a progressivement accéléré. Plus de 63 millions de doses de vaccins ont été administrées. Les morts commencent également à s’atténuer. Lundi, le pays a enregistré moins de 1300 morts de la COVID-19, contre plus de 5400 le 12 février dernier.

— Avec l’Agence France-Presse