La campagne de vaccination aux États-Unis bat son plein depuis quelques semaines, mais l’approvisionnement en fioles de précieux liquide a du mal à suivre la cadence à laquelle les centres de vaccination sont désormais prêts à distribuer les doses.

Judith Lachapelle Judith Lachapelle
La Presse

Au cours du week-end dernier, des sites de vaccination ont dû fermer à certains endroits aux États-Unis en raison d’une pénurie de vaccins. Deux centres ont notamment fermé à San Francisco, tout comme quatre autres dans la région de Los Angeles, dont celui installé au stade de baseball des Dodgers.

« La seule chose qui nous empêche de vacciner plus de gens est l’approvisionnement en vaccins », a déclaré la directrice de santé publique du comté de Los Angeles, la Dre Barbara Ferrer. « Si quelqu’un nous disait : ‟Voici 400 000 doses supplémentaires”, nous pourrions les administrer dès la semaine prochaine. »

Le stade des Dodgers rouvrira ce mardi, mais n’accueillera qu’un nombre limité de personnes. La métropole souhaite pouvoir étendre l’accessibilité au vaccin à la mi-mars. Les personnes souffrant de problèmes de santé, comme le cancer, le diabète et l’obésité, seront bientôt appelées à se faire vacciner, tout comme les femmes enceintes. À ce moment, le stade des Dodgers aura la capacité de vacciner jusqu’à 6000 personnes par jour.

À San Francisco comme à Los Angeles, les autorités sanitaires ont qualifié l’approvisionnement de « limité, [d’]inconstant et [d’]imprévisible ».

Un centre de vaccination a été fermé pour une semaine et les autres sites ont dû réduire leur cadence de vaccination.

À ce jour, environ 6 millions de doses ont été administrées en Californie.

Ailleurs aux États-Unis

Même au Michigan, où le fabricant Pfizer dispose d’un laboratoire de fabrication du vaccin à Kalamazoo, l’approvisionnement ne suffit pas à la demande.

Le réseau de santé Beaumont, qui exploite plusieurs hôpitaux dans la région de Detroit, dit avoir la capacité de vacciner 50 000 personnes de façon hebdomadaire, mais n’a reçu que 2200 doses cette semaine.

Plus de 1800 rendez-vous de vaccination ont donc été annulés pour cette semaine dans la région de Detroit en raison d’un approvisionnement insuffisant de vaccins de Pfizer.

Une « réduction inattendue et significative » du nombre de vaccins de Pfizer alloué pour cette région par l’État du Michigan a forcé l’annulation des rendez-vous donnés à des personnes qui devaient recevoir leur deuxième dose du vaccin, ont expliqué les gestionnaires du réseau de santé.

Aucun nouveau rendez-vous n’est donné à des personnes qui souhaitent recevoir une première dose.

Des pénuries ont aussi été signalées en Géorgie, où la demande est plus grande que l’offre, suscitant des débats sur l’égalité de l’accès au vaccin.

Ailleurs, la difficulté de rendre la vaccination accessible aux personnes âgées crée des frustrations. Au Massachusetts, les 975 doses allouées chaque semaine au comté de Barnstable, où se trouve Cape Cod, sont très loin de suffire à la demande. Les élus de ce comté, au troisième rang des plus âgés au pays, disent tenter sans succès d’obtenir l’aide de leur État. Les rendez-vous disparaissent en quelques minutes dès qu’ils sont offerts. « C’est vraiment le Far West ici en ce moment », s’est plaint samedi le représentant Tim Whelan.

— Avec The New York Times, LA Times, Boston 25 News, Detroit Free Press