(Washington) Donald Trump a éreinté mardi le chef des républicains au Sénat Mitch McConnell, en appelant son parti à tourner le dos à ce vétéran du Congrès, qui a publiquement accusé l’ex-président américain d’être « responsable » de l’assaut meurtrier du Capitole.  

Agence France-Presse

Jusqu’ici très discret depuis son départ de la Maison-Blanche, le 45e président des États-Unis déclare ainsi la guerre ouverte avec ce fin stratège qui fut longtemps son allié, un divorce emblématique des divisions qui déchirent désormais les républicains.

« Mitch est un politicien renfrogné, maussade, qui ne sourit jamais et si les sénateurs républicains restent avec lui, ils ne gagneront plus », a écrit l’ex-président dans un communiqué cinglant.

« Le parti républicain ne pourra plus jamais être respecté ou fort avec des “dirigeants” politiques comme Mitch McConnell aux commandes », insiste-t-il.  

« Maintenant, ses chiffres » dans les sondages « sont encore plus bas que jamais auparavant, il détruit le côté républicain du Sénat et du même coup, fait terriblement de mal à notre pays », affirme Donald Trump.  

Dans une autre attaque époustouflante, le magnat de l’immobilier affirme que M. McConnell « n’a aucune crédibilité sur la Chine à cause des intérêts commerciaux chinois considérables de sa famille ».  

L’épouse du sénateur, Elaine Chao, née à Taïwan, fut la ministre des Transports de Donald Trump pendant quasiment ses quatre ans de mandat.  

Elle avait été visée en septembre 2019 par une enquête parlementaire, soupçonnée d’avoir profité de sa position pour promouvoir les intérêts d’une compagnie maritime appartenant à sa famille, notamment auprès du gouvernement chinois.

La ministre avait annoncé sa démission au lendemain de l’assaut du Capitole du 6 janvier, en citant cet « évènement traumatisant, totalement évitable », pour expliquer son départ.  

Mitch McConnell, 78 ans, a voté samedi pour l’acquittement du milliardaire républicain dans son procès au Sénat, estimant que la chambre haute n’était pas compétente pour le juger. Mais dans la foulée, il l’a déclaré « dans les faits et moralement responsable » de l’attaque du Capitole qui a fait cinq morts.

Les émeutiers ont agi ainsi « car l’homme le plus puissant de la planète les avait nourris de mensonges », en refusant sa défaite lors de la présidentielle du 3 novembre, avait-il asséné.  

Il avait, dans le même discours sombre, pris soin de souligner que Donald Trump, désormais un « simple citoyen », pouvait encore être poursuivi en justice.

« Il est encore responsable de tout ce qu’il a fait pendant qu’il était en fonctions. Il n’a encore échappé à rien du tout », avait-il dit.  

Les sénateurs ont été une majorité – 57 sur 100 – à se prononcer pour la condamnation du milliardaire. Dont, fait notable, sept républicains. Mais il aurait fallu les deux tiers de la chambre haute (67 voix) pour parvenir à un verdict de culpabilité, qui aurait pu être suivi d’une peine d’inéligibilité de Donald Trump.