La nouvelle porte-parole annonce un changement de ton à la Maison-Blanche

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

La nouvelle voix du président, ce sera elle. Porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki aura pour mandat de répondre aux questions des journalistes lors des points de presse et de transmettre les messages présidentiels, des rôles particulièrement ingrats sous Donald Trump.

Native du Connecticut, Mme Psaki fait partie de l’équipe de sept experts en communications de Joe Biden, une brigade entièrement composée de femmes.

À 42 ans, son expérience est indéniable. En 2004, elle a travaillé à la campagne présidentielle de John Kerry ; en 2008 et 2012, à celles de Barack Obama. Elle a en outre été porte-parole du département d’État et directrice des communications sous Obama.

Pendant que les républicains étaient au pouvoir, elle s’est réincarnée en commentatrice politique et ses analyses ont été entendues sur plusieurs chaînes.

Maintenant que les démocrates sont de retour aux commandes, Mme Psaki revient à ses anciennes amours.

Décrite dans le New York Times comme une femme « imperturbable et géniale », est-elle sur un siège éjectable ?

Comme l’explique Rafael Jacob, chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), il y a toujours un certain roulement à ce poste, le travail de porte-parole du président étant à la base extrêmement exigeant.

Mais sous Donald Trump, qui a eu quatre porte-parole, « ce job était carrément impossible, souligne M. Jacob. La porte-parole se retrouvait régulièrement devant des journalistes qui lui posaient des questions sur des tweets que venait tout juste de pondre le président sur des décisions importantes et dont elle n’avait pas été prévenue ».

Nouveau départ

Bien que réputé un peu gaffeur, Joe Biden, lui, « sera beaucoup plus discipliné et reviendra à une façon de faire beaucoup plus traditionnelle » qui prendra beaucoup moins de court sa porte-parole, estime M. Jacob.

Selon lui, la grande question est maintenant de savoir quelle attitude adopteront les journalistes envers la nouvelle administration. « Sous Donald Trump, avec les journalistes, c’était la guerre ouverte. Avec Joe Biden, seront-ils complaisants ? Combatifs ? »

Déjà, la chaîne Fox News soutient que le traitement réservé par les journalistes à Mme Psaki était tout autre que celui qu’avait subi le premier porte-parole de Donald Trump.

Il est encore trop tôt pour dire quel sera le ton des journalistes lors de ces rencontres quotidiennes, mais en tout cas, à son premier point de presse, mercredi, Jen Psaki y est allée d’une grande promesse, assurant que « la vérité et la transparence » seraient de retour dans la salle de presse.

« J’ai un profond respect pour l’indépendance et la liberté de la presse », a-t-elle dit, précisant qu’il y aurait des points de presse quotidiens à la Maison-Blanche, du lundi au vendredi.

« Il y aura des moments où nous serons en désaccord. Mais nous avons un but commun, celui de transmettre au peuple américain une information exacte. »

Et ce, dira-t-elle au sujet de la pandémie, même quand cette information « sera difficile à entendre ».

De façon amusante, le premier point de presse de Jen Psaki a été résumé par le New York Times comme ayant été « extraordinairement normal ».

Sur Twitter, l’historien Michael Beschloss a dit dans la même veine que depuis quatre ans, « c’était le premier point de presse de la Maison-Blanche qui n’était pas bizarre ».

Pour la petite histoire, Mme Psaki est mère de deux enfants de moins de 5 ans, comme elle le précise dans sa présentation sur Twitter.