S’il est déjà acquis qu’elle marquera l’histoire, la nouvelle vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, première femme à occuper ce poste, sera surtout une figure d’authenticité pour toute la population américaine, croit une Montréalaise, amie de longue date de la politicienne.

Mis à jour le 20 janv. 2021
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« J’en suis sûre: elle va résonner avec la société américaine, la population et les nombreux problèmes de la classe moyenne », a expliqué à La Presse Wanda Kagan, qui a connu la nouvelle vice-présidente lors de ses études secondaires à Westmount High School, au tournant des années 80, où elles se sont liées d’amitié.

Aujourd’hui agente administrative au CIUSSS Centre-Ouest de Montréal, Mme Kagan dit avoir été témoin de l’ascension fulgurante de Kamala Harris. « Avec les années, on a un peu perdu contact, mais un jour, je l’ai vu à la télévision. Elle allait devenir la première procureure noire de San Francisco. J’ai immédiatement appelé son bureau, et elle m’a tout de suite rappelé. Rien n’avait changé, c’était comme si le temps n’avait pas bougé », raconte celle qui, comme Kamala Harris, a 56 ans.

Le vécu personnel de celle-ci est d’ailleurs intimement lié à la carrière de la nouvelle vice-présidente. À l’époque, Wanda Kagan s’était confiée à Kamala Harris sur les agressions sexuelles qu’elle a vécues dans son enfance. « L’une des raisons pour lesquelles je voulais devenir procureure était pour protéger des gens comme elle », a d’ailleurs dit la politicienne en parlant de son amie, dans une vidéo parue en septembre.

« Ce que j’ai vécu l’a en quelque sorte motivé à changer les lois pour les femmes et les enfants victimes d’agressions », raconte quant à elle Mme Kagan à ce sujet, fière d’avoir pu faire « partie de cette grande histoire ».

Pour la mère de famille, voir son amie marquer la planète a été une consécration. « Émotionnellement, je suis épuisée, lâche-t-elle en riant. Ça a été beaucoup plus bouleversant que je pensais. L’entendre parler, ça a rejoué pour moi des moments spéciaux que nous avons partagés. J’ai eu un sentiment d’empowerment très fort », raconte la principale intéressée.

N’importe qui peut faire l’histoire, mais seulement une femme incroyable peut le faire. Elle représente le changement, l’unité et c’est ce dont les États-Unis ont besoin. Toute sa famille est multiculturelle et diversifiée, sous toutes les formes possibles auxquelles vous pouvez penser.

Wanda Kagan, amie de Kamala Harris

Après un mandat de quatre ans de Donald Trump, marqué par la division sur plusieurs plans de la société américaine, Kamala Harris et Joe Biden auront beaucoup à faire, dit la Montréalaise. « Ils devront d’abord réparer beaucoup de pots cassés. Mais j’y crois. Le président Biden est une personne très terre-à-terre, qui a l’expérience du politique. Et ils proviennent tous les deux de la classe moyenne. Ils ont les outils pour y arriver », raisonne-t-elle.

Déjà au travail

Plus tôt, mercredi, l’école secondaire Westmount High School a quant à elle publié une vidéo dans laquelle plusieurs étudiants et professeurs félicitent la nouvelle vice-présidente, suscitant au passage des dizaines de réactions d’internautes.

« Mettons-nous au travail », a tweeté peu après son assermentation la vice-présidente Harris, promettant « d’affronter les crises auxquelles notre nation est confrontée et rassembler le peuple américain ». Se disant honorée par la nomination, elle a également promis de travailler « pour le peuple » tout au long de son mandat, qui doit s’échelonner jusqu’en 2024.

Dans le bureau Ovale, le président Joe Biden a de son côté signé mercredi plusieurs décrets présidentiels pour faire face aux crises multiples et profondes que traverse l’Amérique et revenir sur les mesures phares de l’ère Trump, en engageant notamment le retour des États-Unis dans l’accord de Paris sur le climat et au sein de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Nous allons combattre le changement climatique comme nous ne l’avons jamais fait jusqu’ici », a-t-il déclaré.

Il a aussi mis fin à l’interdiction d’entrée aux États-Unis pour les ressortissants de pays en majorité musulmans – une des premières mesures très controversées de son prédécesseur républicain.

Avec l'Agence France-Presse