(Washington) Le futur secrétaire d’État américain Antony Blinken a annoncé mardi son intention de réexaminer l’accord signé en février par les États-Unis et les talibans, affirmant vouloir maintenir en Afghanistan des moyens de lutte contre le terrorisme.

Agence France-Presse

« Nous voulons la fin de cette guerre éternelle, nous voulons ramener nos forces à la maison », a-t-il dit devant le Sénat.

L’administration sortante de Donald Trump a conclu un accord historique avec les talibans après 19 ans de guerre, qui prévoit le retrait total des forces américaines d’ici mi-2021 en échange de l’engagement des insurgés à ne pas laisser des groupes terroristes agir depuis les zones qu’ils contrôlent.

L’accord prévoyait aussi le lancement des premières négociations de paix directes entre les talibans et les autorités de Kaboul, qui ont débuté en septembre, mais n’ont pas encore abouti à des résultats concrets, notamment en termes de réduction de la violence.

« Nous devons regarder attentivement ce qui a été négocié, je n’ai pas encore eu connaissance de tout », a expliqué Antony Blinken. Il a ajouté vouloir « comprendre pleinement quels engagements ont été pris ou pas par les talibans ».

Il a notamment jugé indispensable de « préserver les avancées qui ont été faites pour les femmes et les filles en Afghanistan au cours des 20 dernières années ».

Surtout, le prochain ministre américain des Affaires étrangères a affirmé que son gouvernement entendait « maintenir une certaine capacité à faire face à toute résurgence du terrorisme, qui est ce qui nous a fait intervenir à l’origine » après les attentats du 11 septembre 2001.

La définition de ces « capacités » risque de faire débat : s’il s’agit de forces spéciales, comme l’avait suggéré Joe Biden durant sa campagne, cela pourrait entrer en conflit avec la promesse de retrait total prévue par l’accord conclu avec les talibans.