(New York) Leurs visages ont fait le tour du monde depuis leur intrusion au Capitole mercredi, photographiés les pieds sur le bureau d’une élue, paradant avec un drapeau confédéré ou assis au bureau du président du Sénat.

Thomas URBAIN
Agence France-Presse

Qui sont ces partisans de Donald Trump, dopés par sa rhétorique au point de semer le chaos dans l’enceinte du Parlement américain ? Beaucoup ont désormais été identifiés, y compris la femme blessée mortellement dès le début des violences. Voici les principaux éléments recueillis sur chacun d’entre eux, pour la plupart actifs sur les réseaux sociaux.  

Richard Barnett, militant pro-armes 

Venu de l’Arkansas, ce sexagénaire au fort accent du sud s’est invité dans le bureau de Nancy Pelosi, cheffe des démocrates à la Chambre des représentants. Il a pris une enveloppe adressée personnellement à Mme Pelosi, insistant ne pas l'avoir volée : « Je ne suis pas un voleur, j'ai laissé un 25 cents sur son bureau. »

C’est « mon bureau », a-t-il expliqué mercredi à la chaîne locale KFSM 5News. « Je suis un contribuable. Je suis un patriote. Ce n’est pas son bureau. On le lui a prêté. »

Connu localement pour animer un groupe Facebook pro-armes, 2A NWA STAND, Richard Barnett, surnommé « Bigo », a affirmé s’être retrouvé dans ce bureau presque par accident. « J’ai été poussé là », a-t-il dit, alors que « je cherchais les toilettes ».

Avant de partir, il a laissé un petit mot insultant à Nancy Pelosi. Aux dernières nouvelles, il était libre, même s’il pourrait être rapidement interpellé. « Est-ce que j’ai peur ? Non ! Mais la prison est une possibilité », a-t-il dit aux journalistes après sa sortie du bâtiment.  

Jake Angeli, complotiste à la coiffe de bison

Torse nu, coiffe avec cornes de bison, maquillage, le « guerrier spirituel », tel qu’il se décrit lui-même, a attiré photographes et caméras aux quatre coins du Capitole.

PHOTO ROSS D. FRANKLIN, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Jake Angeli, originaire de l’Arizona, se présente comme un « soldat numérique de QAnon », la mouvance complotiste dont Donald Trump est le héros et qui a vu l’intrusion de mercredi comme un triomphe.

Originaire d’Arizona, ce trentenaire a déjà été aperçu à de nombreuses reprises lors de manifestations pro-Trump à Phoenix ces derniers mois, arborant systématiquement sa fameuse coiffe.

Il se présente comme un « soldat numérique de QAnon », la mouvance complotiste dont Donald Trump est le héros et qui a vu l’intrusion de mercredi comme un triomphe.

« Nous sommes des patriotes, sur le front en Arizona, qui voulons amener notre énergie positive à (Washington) », écrivait-il dans un message posté en décembre sur le réseau social chéri des ultra-conservateurs Parler.

Matthew Heimbach, de la mouvance néonazie

Photographié aux côtés de Jake Angeli, ce jeune homme de 29 ans au visage rond, cerné de lunettes sans monture, est considéré par le Southern Poverty Law Center, un observatoire des groupes extrémistes, comme « le visage d’une nouvelle génération de nationalistes blancs ».

PHOTO SYSTÈME CARCÉRAL DE LOUISVILLE, KENTUCKY

Matthew Heimbach est considéré comme l’un des organisateurs du rassemblement d’extrême droite à Charlottesville (Virginie), en août 2017, en marge duquel une femme a été tuée par un sympathisant néonazi.

Il est considéré comme l’un des organisateurs du rassemblement d’extrême droite à Charlottesville (Virginie), en août 2017, en marge duquel une femme a été tuée par un sympathisant néonazi.

Adam Johnson, le voleur de pupitre

Surpris en train d’emporter le pupitre de Nancy Pelosi, le trentenaire au bonnet Trump a spontanément fait un signe amical au photographe, tout sourire.

COMPTE FACEBOOK DE KAREN WASYLOWSKI

Adam Johnson, de Parrish, en Floride, a tenté de voler le pupitre de Nancy Pelosi.

 Il a rapidement été identifié comme étant Adam Johnson, résident de Parrish, en Floride, selon la presse locale.

Dans l’immédiat, c’est davantage sa femme, médecin, qui a fait les frais de l’effraction, inondée de messages sarcastiques sur les nombreux sites sur lesquels elle est référencée.

Ashli Babbitt, ancienne de l’armée de l’air, tuée au Capitole

Elle a été la première victime connue de ces violences : alors qu’elle tentait de passer à travers une fenêtre brisée dans un couloir du Congrès, la trentenaire a reçu, à bout portant, une balle tirée par un policier du Capitole. Elle a succombé plus tard à ses blessures.

Active sur les réseaux sociaux, complotiste, cette Californienne « libertarienne », selon son compte Twitter, voyait le déferlement des partisans de Donald Trump sur Washington comme une « tempête », qui allait faire passer le pays « de l’obscurité à la lumière ».

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