(Washington) Une gouverneure démocrate, pressentie parmi les possibles colistières de Joe Biden, a déclaré dimanche qu’elle croyait le candidat à la Maison-Blanche quand il dément l’accusation d’agression sexuelle qui le vise. Les républicains dénoncent « l’hypocrisie » de son camp dans cette affaire.

Agence France-Presse

Tara Reade, 56 ans, accuse Joe Biden, 77 ans, de l’avoir agressée sexuellement dans un couloir du Congrès américain en 1993, lorsqu’il était sénateur et qu’elle travaillait pour lui.  

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Tara Reade, 56 ans

« Cela n’est jamais arrivé », a affirmé vendredi l’ancien vice-président américain, pour qui ces allégations « ne sont pas vraies ».

Gretchen Whitmer, gouverneure du Michigan, figure à 48 ans assez haut dans les pronostics sur la candidate que choisira Joe Biden pour devenir, s’il est élu le 3 novembre, la première vice-présidente des États-Unis.  

« Nous nous devons d’écouter l’histoire de chaque femme qui en a une, et ensuite de vérifier cette histoire, poser les questions, penser de façon critique et ensuite de se prononcer, sur la base de tous ces éléments », a-t-elle déclaré sur CNN.  

« Je l’ai fait dans ce dossier. Et je vais vous dire, je ne pense pas que cela corresponde au Joe Biden que je connaisse. Oui, je crois Joe et je soutiens Joe Biden », a ajouté la démocrate, qui affirme avoir elle-même été victime d’une agression sexuelle quand elle était étudiante.  

La gouverneure a nié du même coup que les démocrates n’accordaient pas la même présomption d’innocence aux hommes selon qu’ils sont de leur camp ou du parti républicain.

Les républicains martèlent cet argument, en comparant l’intense campagne menée contre le juge conservateur Brett Kavanaugh, lui aussi accusé d’agression sexuelle, lors de sa confirmation à la Cour suprême en 2018, au soutien sans failles à Joe Biden affiché par de grands noms démocrates, dont de nombreuses femmes de premier plan comme Hillary Clinton.

« On est passé de “Me Too” à “Circulez, il n’y a rien à voir” en une nanoseconde parce qu’il est démocrate », a dénoncé la chef du parti républicain Ronna McDaniel, en allusion au mouvement mondial qui a provoqué la chute de nombreuses personnalités.  

« L’hypocrisie est déplorable et elle ne vient pas juste des démocrates, elle vient des médias », a-t-elle poursuivi dimanche sur ABC.  

Lui-même visé par plusieurs allégations, Donald Trump a eu de rares mots de soutien envers son grand rival Joe Biden vendredi, en l’appelant à se « battre » tout en affirmant avoir aussi été « victime de ces fausses accusations absurdes ».