(Washington) Donald Trump trépigne. Il veut sortir, quitter la Maison-Blanche, repartir en campagne en vantant la relance d’une économie brutalement mise à l’arrêt par l’épidémie de coronavirus.

Jerome CARTILLIER
Agence France-Presse

À six mois de l’élection présidentielle, il a opté pour un retour en pleine lumière dans un cadre spectaculaire : le Lincoln Memorial, sur le National Mall de Washington.

Retransmis en direct sur Fox News, dimanche aux heures de grande écoute, cet échange [virtuel] avec des Américains a été baptisé Les États-Unis ensemble : retourner au travail.

Le lieu est chargé en symboles : l’immense bâtiment de marbre blanc abrite une impressionnante statue d’Abraham Lincoln, assis. Assassiné le 15 avril 1865, le 16e président des États-Unis est l’un des plus populaires du pays.

Si sa longue série de tweets du week-end est un indicateur fiable, le ton de Donald Trump devrait être au combat électoral plutôt qu’à l’appel au rassemblement.

« Les démocrates, comme toujours, cherchent la bagarre. Ils ne font rien de constructif, même en temps de crise », a tonné le président, sous le feu des critiques pour son manque d’empathie depuis le début de cette crise sanitaire sans équivalent.

Au même moment, son prédécesseur républicain George W. Bush lançait dans une vidéo un appel à l’unité et à la compassion alors que les États-Unis ont franchi le cap des 66 000 morts de la COVID-19.

« Souvenons-nous combien nos différences sont minimes face à cette menace », a-t-il déclaré. « Souvenons-nous que l’empathie et la gentillesse sont des outils essentiels et puissants ».

À la veille de ce « Town Hall » à grand spectacle, Donald Trump a subi un camouflet : les élus des deux bords ont rejeté son offre de dépistage rapide et prioritaire des sénateurs qui doivent se retrouver lundi en séance plénière.

Grands rivaux politiques, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, et le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, se sont fendus d’un communiqué commun pour affirmer que le Congrès préférait continuer à envoyer les ressources « vers les établissements en première ligne », comme les hôpitaux.  

La capitale fédérale américaine est sous ordre de confinement jusqu’au 15 mai.  

« Donald l’honnête »

Peu intéressé par l’histoire, Donald Trump évoque rarement ceux qui l’ont précédé à la Maison-Blanche. Abraham Lincoln fait cependant exception.

En campagne, comme depuis son arrivée au pouvoir, il n’a cessé de louer ses qualités, souvent pour se comparer à lui de manière avantageuse.

Retweetant samedi un message d’un des partisans enthousiastes assurant qu’il avait fait « plus pour les Noirs que tous les présidents réunis », Donald Trump a ajouté : « C’est vrai », tout en soulignant que Lincoln n’était « pas mal » non plus.

« Je peux être très présidentiel », assurait-il au printemps 2016. « Je dis souvent en plaisantant que je peux être plus présidentiel que n’importe quel président de ce pays à l’exception d’Abraham Lincoln. Personne ne peut surpasser Abraham Lincoln ».

« Un grand président ! », lançait-il un an plus tard. « La plupart des gens ne savent même pas qu’il était républicain […] Nous devrions insister un peu plus là-dessus ! ».

Lors d’un rassemblement de campagne, alors qu’il soulignait qu’il aimait « Abe l’honnête », surnom donné à ce président emblématique, quelqu’un dans la foule avait hurlé « Donald l’honnête ».

Ne laissant pas passer l’occasion, le magnat de l’immobilier avait immédiatement répété la formule, en la savourant. « Donald l’honnête, merci ! ».

Ce rendez-vous avec Fox News n’est que le début.

Donald Trump doit s’envoler mardi pour Phoenix, en Arizona, où il visitera une usine de fabrication d’équipements médicaux. Un déplacement dans l’Ohio est également prévu.

« Nos merveilleux rassemblements et tant d’autres choses nous manquent ! », a-t-il tweeté dimanche matin.