(Washington) L’entreprise américaine 3M, qui fabrique des masques N95, pourra reprendre ses exportations au Canada et en Amérique du Sud en vertu d’une entente conclue avec l’administration Trump. En contrepartie, le fabricant devra fournir des centaines de millions de masques aux États-Unis.

Audrey Ruel-Manseau Audrey Ruel-Manseau
La Presse

« La saga 3M se termine très heureusement », a déclaré Donald Trump lors d’un point de presse, lundi soir. « Nous sommes très fiers de faire affaire avec 3 M. »

Le fabricant 3M s’est engagé avec la Maison-Blanche, lundi, à importer aux États-Unis 166,5 millions de masques N95 au cours des trois prochains mois. Ces respirateurs [l’appellation utilisée par 3M pour désigner ses masques, NDLR] seront fabriqués en Chine à l’usine de la compagnie 3M et ils s’ajoutent aux 35 millions que la compagnie produit déjà chaque mois en sol américain.

« 3M et l’Administration [Trump] ont travaillé ensemble pour s’assurer que ce plan ne crée pas de nouvelles implications humanitaires pour les pays qui luttent actuellement contre l’épidémie de COVID-19, et se sont engagés à collaborer davantage pour lutter contre la hausse des prix et la contrefaçon », a indiqué le géant 3M, dans un communiqué publié lundi soir.

D’autre part, la Maison-Blanche est revenue sur sa décision d’interdire l’exportation de masques N95 à l’étranger et s’est engagée à éliminer les restrictions d’exportation imposées à 3M, la semaine dernière.

« Le plan permettra également à 3M de continuer à envoyer des respirateurs fabriqués aux États-Unis vers le Canada et l’Amérique latine, où 3M est la principale source d’approvisionnement », peut-on lire dans le communiqué.

Trump a qualifié l’entente « d’accord à l’amiable ».

Jeudi dernier, Donald Trump avait annoncé sur Twitter qu’il avait « frappé 3M durement après avoir vu ce qu’ils faisaient avec leur masque » et qu’il avait eu recours à la Defense Production Act — une loi datant de la guerre de Corée — pour forcer 3M à fabriquer davantage de masques.

Le lendemain, l’entreprise 3M avait annoncé que la Maison-Blanche lui interdisait désormais d’exporter des masques N95 au nord et au sud de la frontière.

« L’administration a exigé que 3M cesse d’exporter des respirateurs que nous fabriquons aux États-Unis vers les marchés canadien et latino-américain », avait révélé la multinationale, qui exprimait son désaccord en raisons « des implications humanitaires importantes » qui en découlaient.

Justin Trudeau avait déclaré que Washington faisait une erreur : « Il y a des produits médicaux qui vont dans les deux sens à travers notre frontière et ce serait une erreur pour nos pays d’en limiter l’accès », avait-il soulevé, tout en restant prudent sur les actions qui seraient prises par Ottawa, le cas échéant.

Depuis janvier, 3M a doublé sa production mondiale de masques N95, fabriquant actuellement à 1,1 milliard d’unités par année, dont 35 millions par mois, aux États-Unis seulement.

« Étant donné que la demande de respirateurs dépasse l’offre, nous travaillons sans relâche pour étendre notre capacité, tout en priorisant et en réorientant nos approvisionnements pour desservir les zones les plus critiques », a déclaré le président-directeur général de 3M, Mike Roman, au terme de l’entente conclue avec l’Administration de Donald Trump.