(Londres) La défense de Julian Assange, menacé d’extradition vers les États-Unis, a affirmé mercredi que Donald Trump avait offert au fondateur de WikiLeaks de le gracier s’il affirmait que la Russie n’était pas impliquée dans la fuite de courriels internes au parti démocrate américain.

Agence France-Presse

Cette affirmation a été formulée mercredi devant la justice britannique, lors d’une audience précédant l’examen de la demande d’extradition vers les États-Unis de l’Australien de 48 ans, qui doit débuter à partir de lundi. La décision ne devrait pas intervenir avant plusieurs mois.

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Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, quittant le tribunal, à Londres, le 13 janvier 2020.

Lors de cette audience, où Assange est apparu par vidéoconférence, sa défense a cité un document dans lequel son avocate Jennifer Robinson affirme que cette proposition du président américain a été formulée par l’intermédiaire du député républicain américain Dana Rohrabacher, selon l’agence britannique Press association (PA).

Le document affirme que M. Rohrabacher est « allé voir M. Assange et lui a dit, sur instruction du président, qu’il lui proposait une grâce ou une autre issue, si M. Assange… disait que la Russie n’a rien à voir avec les fuites du parti démocrate », selon PA.

La juge a considéré que cette preuve était admissible.

« Quand j’ai parlé à Julian Assange, je lui ai dit que s’il pouvait me donner des preuves sur qui lui avait vraiment donné les courriels du parti démocrate, j’appellerai ensuite le président Trump à le gracier », a confirmé mercredi M. Rohrabacher sur son site internet.

La Maison-Blanche a rapidement réfuté ces informations.

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Le président de la Russie Vladimir Poutine et le président des États-Unis Donald Trump lors de leur rencontre au sommet du G20 le 28 juin 2019 à Osaka, au Japon.

« Le président ne connaît quasiment rien de Dana Rohrabacher mis à part que c’est un ancien élu. Il ne lui a jamais parlé de ce sujet ou de pratiquement aucun autre sujet. Il s’agit d’une pure invention », a dénoncé la porte-parole de la Maison-Blanche Stephanie Grisham dans un communiqué.

L’avocate de Julian Assange n’a pu être jointe par l’AFP.

Les services de renseignements américains ont établi que les courriels démocrates avaient été piratés par des pirates russes dans le cadre d’une campagne de Moscou pour influencer la présidentielle américaine, où Donald Trump affrontait sa rivale démocrate Hillary Clinton.

WikiLeaks a publié en 2016, à un moment-clé de la campagne, des milliers de courriels piratés du Parti démocrate et de l’équipe d’Hillary Clinton, qui ont contribué à discréditer la candidate.

Détenu à Belmarsh, dans le sud de Londres depuis son arrestation en avril 2019 à l’ambassade d’Équateur, Julian Assange est réclamé par Washington. Il encourt aux États-Unis jusqu’à 175 ans d’emprisonnement pour espionnage.

Les autorités américaines lui reprochent d’avoir mis en danger certaines de leurs sources au moment de la publication en 2010 de 250 000 câbles diplomatiques et d’environ 500 000 documents confidentiels portant sur les activités de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan.

Aucune poursuite contre lui ne porte sur les fuites des courriels du parti démocrate.