(Washington) Un casque français de la Première Guerre mondiale protégerait mieux des souffles d’explosion que le casque qui équipe actuellement l’armée américaine, selon une récente étude américaine.

Agence France-Presse

« Les ingénieurs en science biomédicale de Duke University ont démontré que […] les casques militaires modernes ne protégeaient pas mieux le cerveau des ondes de choc créées par une explosion que leurs équivalents de la Première Guerre mondiale », indique l’université dans un communiqué.

Des commotions cérébrales après une attaque iranienne

« Un modèle en particulier, la casque français Adrian, donne en fait de meilleurs résultats que les modèles modernes pour protéger des explosions », ajoute cette étude publiée la semaine dernière, alors que le Pentagone annonçait que 109 militaires américains souffraient d’une commotion cérébrale due au tir de missiles iraniens sur une base abritant des soldats américains en Irak le 8 janvier dernier.

PHOTO WIKIPÉDIA

Le casque Adrian, distribués dès 1915 aux « poilus », le surnom donné aux soldats de l’infanterie française.

Le casque Adrian a été distribué à partir de 1915 aux troupes françaises pour protéger les soldats des éclats des obus qui explosaient au-dessus des tranchées.  

Les blessures à la tête étaient devenues l’une des premières causes des pertes sur le champ de bataille et ce casque léger, incapable d’arrêter directement une balle de fusil ou de mitraillette, était équipé d’un cimier, une pièce de métal fixée sur le sommet du casque destinée à amortir des chocs venant par le dessus.

PHOTO JAMES MCCARTEN, PRESSE CANADIENNE THE CANADIAN PRESS

Un soldat canadien en Afghanistan en avril 2008. Le casque de combat canadien CG634 est le principal casque de combat des Forces canadiennes depuis 1997 et est basé sur le casque français Gallet TC-3.

Les chercheurs américains ont comparé trois casques de la Première guerre mondiale au casque utilisé actuellement par l’armée américaine, estimant que la guerre des tranchées était la plus comparable aux combats contre les groupes djihadistes : le casque rond et plat Brodie utilisé par les armées britannique et américaine, le casque allemand Stahlhelm qui sera utilisé pendant les deux guerres mondiales et le casque Adrian.

La pression exercée au-dessus du casque était similaire à celle reconnue pour provoquer des hémorragies cérébrales et les tests ont montré que le risque était de 50 % sans casque, de moins de 10 % avec les casques allemand et britannique, de 5 % avec le casque moderne américain et de 1 % seulement avec le casque français, indique l’étude.

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Un soldat américain à l'entraînement la semaine dernière à Fort Campbell, au Kentucky.

« Le résultat est surprenant parce que le casque français a été fabriqué avec les mêmes matériaux que ses équivalents allemand et britannique, et que sa coque était plus fine », note l’un des auteurs de l’étude, Joost Op’t Eynde.

« La principale différence, c’est qu’il avait cette crête au sommet du casque. Même si elle avait été conçue pour protéger des éclats de métal, cette caractéristique pourrait bien aussi protéger des ondes de choc », conclut-il, avant de recommander un nouveau design des casques modernes pour mieux protéger des souffles d’explosions.