(Washington) Procédure de destitution, Corée du Nord, immigration : John Kelly, ancien chef de cabinet de Donald Trump, a dressé cette semaine la longue liste de ses désaccords avec le président américain, pour lequel il a travaillé jusqu’en janvier 2019.

Agence France-Presse

Lors d’un échange mercredi avec des étudiants à Drew University, dans le New Jersey, John Kelly, dont les propos sont rapportés par le magazine The Atlantic, s’est montré très critique envers certaines décisions, et certains propos, du milliardaire républicain.

Le « chief of staff » de la Maison-Blanche est un homme clé de la présidence américaine. Véritable bras droit du président, il est souvent, de facto, le coordonnateur de l’action de l’administration.

Le lieutenant-colonel Alexander Vindman, limogé vendredi du Conseil de sécurité nationale après avoir livré un des témoignages-clés de l’enquête en destitution visant Donald Trump ?

« Il a fait exactement ce que nous leur apprenons à faire pendant toute leur carrière […] Il a dit à son chef ce qu’il avait entendu », a estimé M. Kelly.

Le leader nord-coréen Kim Jong-un, que Donald Trump a rencontré trois fois ?

« Il n’abandonnera jamais ses armes nucléaires », a tranché M. Kelly. « Le président a essayé […] Mais cela n’a pas marché. Je suis de nature optimiste la plupart du temps, mais je suis aussi un réaliste, et je n’ai jamais pensé que Kim ferait autre chose que de se jouer de nous, et il l’a fait de manière assez efficace ».

Les migrants qui arrivent aux États-Unis ?

« Ce sont, dans leur immense majorité, des gens biens […] Ce ne sont pas tous des violeurs et des meurtriers. Et ce n’est pas correct de les désigner de la sorte. J’ai été en désaccord avec le président à plusieurs occasions », affirme celui qui avait défendu une vision extrêmement ferme de la politique d’immigration des États-Unis.

Avant de devenir le principal conseiller de Donald Trump à la Maison-Blanche en juillet 2017, M. Kelly, général des Marines à la retraite, avait occupé le poste de ministre de la Sécurité intérieure pendant les six premiers mois de la présidence.

Ses propos ont suscité une vive réaction de l’ancien homme d’affaires de New York.

« Chef de cabinet n’était tout simplement pas un boulot pour lui », a lancé Donald Trump dans une série de tweets vengeurs. « Comme tant d’autres qui ne sont plus à la Maison-Blanche, le rythme lui manque et il ne peut rester silencieux ».

Le président américain a aussi ajouté une pique plus personnelle contre celui qu’il avait qualifié, au moment de son départ, de « type formidable ».

« Sa merveilleuse femme, Karen, pour qui j’ai beaucoup de respect, m’a un jour pris à part et m’a dit “John a beaucoup de respect pour vous. Lorsque nous ne serons plus là, il ne dira jamais du mal de vous”. Faux ! »