(Washington) La Maison-Blanche a interdit à John Bolton de publier en l’état le livre qu’il doit sortir prochainement, car il contient des informations confidentielles, selon une lettre envoyée à l’avocat de l’ex-conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump consultée mercredi par l’AFP.

Agence France-Presse

Le manuscrit envoyé pour approbation « semble contenir des informations confidentielles », dont certaines « sont classées au niveau top secret » et « pourraient causer des torts exceptionnellement graves à la sécurité nationale », écrit le Conseil à la sécurité nationale (CSN) dans ce courrier daté du 23 janvier.

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Une copie de la lettre envoyée par le Conseil à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, envoyée à l’ex-conseiller John Bolton.

« Le manuscrit ne peut être publié […] sans la suppression de ces informations confidentielles », ajoute le CSN.

L’avocat de l’ancien conseiller de Donald Trump, Chuck Cooper, a réfuté les allégations de la Maison-Blanche dans une réponse envoyée le lendemain et rendue publique mercredi.

« Nous ne pensons pas que ces informations puissent être raisonnablement considérées comme confidentielles », écrit M. Cooper.

Dans son livre, John Bolton révèle notamment une conversation qui pourrait nuire au président américain, actuellement jugé au Sénat pour abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès.  

Il affirme que Donald Trump lui a expliqué en août 2019 ne pas vouloir débloquer une aide militaire destinée à l’Ukraine tant que ce pays n’enquêterait pas sur l’ancien vice-président démocrate Joe Biden, bien placé pour l’affronter à la présidentielle du 3 novembre.

Les démocrates accusent le président d’avoir utilisé les moyens de l’État pour discréditer un adversaire potentiel, en violation de la Constitution.

Mais pour la présidence, les décisions de Donald Trump entraient dans le cadre de la lutte contre la corruption en Ukraine.  

Dans son courrier, Chuck Cooper demande notamment au CSN de conclure rapidement son examen du manuscrit alors que son client pourrait témoigner dans ce procès en destitution historique.

« S’il est appelé à témoigner, il semble certain qu’on lui posera des questions qui évoqueront la plupart des informations […] sur son implication dans les affaires concernant l’Ukraine », écrit l’avocat.

Il a souligné mercredi ne pas avoir reçu de réponse à sa demande de traitement rapide.  

Le Sénat devrait voter en fin de semaine sur une motion démocrate réclamant la convocation de plusieurs témoins, dont M. Bolton.

Donald Trump s’est déchaîné mercredi contre son ancien conseiller à la sécurité nationale, limogé en septembre, estimant sur Twitter qu’il s’était « fait virer parce que franchement, si je l’écoutais, on en serait à la Sixième Guerre mondiale ».

« Il s’en va et immédiatement, il écrit un livre faux et méchant », s’est-il encore indigné.