(Washington) Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a défendu mardi la légalité de la frappe américaine qui a tué le général iranien Qassem Soleimani, et de toute future action militaire des États-Unis contre l’Iran.

Agence France-Presse

Le président Donald Trump « avait absolument les bases légales appropriées » pour donner l’ordre de tuer le haut responsable des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de Téhéran, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Washington.

Mais il n’a donné aucun élément sur les attaques « imminentes » que préparait, selon l’administration Trump, le général Soleimani contre des intérêts américains. Il a même semblé relativiser une telle imminence pourtant mise en avant par le président américain lui-même.

Il a davantage insisté sur les actions de Qassem Soleimani en Syrie, au Liban ou en Irak, et sur la mort d’un sous-traitant américain en territoire irakien fin décembre. « Si vous cherchez des choses imminentes, il suffit de regarder ce qui s’est passé dans les jours qui ont mené à la frappe contre Soleimani », a-t-il dit.

Prié de dire si les juristes avaient été consultés avant la frappe de vendredi qui a éliminé le puissant général iranien alors qu’il se trouvait à Bagdad, Mike Pompeo a expliqué ne pas être en mesure de répondre précisément. « Souvent, les juristes passent en revue à l’avance toutes les options qui sont présentées au président des États-Unis afin que chaque option soit validée juridiquement », a-t-il affirmé. « Je suis certain que ça s’est passé comme ça », « je n’ai jamais vu cette administration prendre des décisions de cette nature sans un examen complet et en profondeur des bases légales ».

Il a aussi accusé le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif de mentir au sujet de la nature du déplacement en Irak de Qassem Soleimani, chef de l’unité chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution.

« Il a dit que Soleimani était à Bagdad en mission diplomatique. Qui peut croire ça ? », a lancé le secrétaire d’État américain, ironisant sur « ce gentleman, ce diplomate de haut niveau ».

« Nous savons que ce n’est pas vrai », « nous avons déjà entendu ces mensonges par le passé », « c’est totalement faux », a-t-il martelé, démentant également que le général iranien travaillait à un « accord » avec les Saoudiens « pour réduire les risques » au Moyen-Orient.

Interrogé sur la menace du président Trump de frapper des sites culturels iraniens en cas de riposte militaire de Téhéran à la mort de Qassem Soleimani, le chef de la diplomatie américaine a de nouveau assuré, comme il l’avait fait à plusieurs reprises dimanche, que Washington agirait conformément au droit international.  

« Toutes les cibles envisagées, toute action menée, ce sera toujours dans le cadre du droit international de la guerre », a-t-il dit. « C’est totalement cohérent avec ce qu’a dit le président », a-t-il ajouté, alors que plusieurs experts et élus d’opposition américains estiment que s’en prendre à des sites culturels s’apparenterait à commettre un « crime de guerre ».

Assurant que les États-Unis avaient « le plus grand respect pour l’histoire perse et ses symboles comme Persepolis, la place Naqch-é Jahan et le tombeau de Cyrus », le secrétaire d’État a accusé « les ayatollahs » de la République islamique d’avoir au contraire « fait du mal à la culture perse » en « mettant fin à la tolérance religieuse ».