(Washington) Anesthésiste dans un service d’urgence surchargé, responsable de mettre sous respirateur les malades de la COVID-19, Raymond Pla est devenu lundi l’un des cinq professionnels de santé de l’hôpital George Washington à recevoir le vaccin Pfizer/BioNTech dans la capitale américaine.

Issam AHMED
Agence France-Presse

Un seul mot lui vient à l’esprit pour décrire ce que cela représente : « l’espoir ».

« L’excitation, à mon avis, n’apporte pas la même retenue, le même respect et le même honneur au sacrifice de mes collègues, dont certains sont tombés malades et d’autres sont morts », déclare le soignant de 52 ans, visiblement ému.

Dans son combat acharné contre la pandémie, une lumière lointaine brille désormais au bout du tunnel, un contraste saisissant par rapport au printemps quand les États-Unis et le monde ont été frappés de plein fouet par le virus : « Je n’avais pas beaucoup d’espoir à l’époque qu’il y aurait un vaccin d’ici la fin de l’année », confie-t-il.

En tête du combat-

Raymond Pla et ses collègues se sont dits honorés d’être parmi les premiers bénéficiaires de ce vaccin, un groupe choisi par le biais d’un algorithme. Ils ont encouragé les autres à suivre leur exemple et se faire vacciner dès que possible.  

Leur message intervient à un moment où la méfiance envers les vaccins se répand, non seulement aux États-Unis, mais dans une grande partie du monde.

Un opposant au vaccin, pas masqué, a d’ailleurs brièvement interrompu la conférence de presse où M. Pla et les autres professionnels de santé de l’hôpital se faisaient vacciner.

En tant que médecin noir, Raymond Pla estime avoir une responsabilité encore plus importante de prêcher la bonne parole sur le vaccin auprès des personnes issues de minorités, trop souvent laissées pour compte dans la recherche médicale.  

Il est de ce fait essentiel selon lui de « sortir dans la communauté et de propager un message » en faveur du vaccin dans les semaines et les mois à venir.  Avec pour objectif d’atteindre ainsi une immunité collective.

Ne pas baisser la garde

Le personnel soignant du monde entier a été confronté à une année extrêmement éprouvante. Le vaccin devrait certes marquer un tournant dans la longue lutte contre la pandémie, mais pour le médecin urgentiste Sean Chester, il n’est pas encore temps de baisser la garde.

« Même si je me suis fait vacciner, je ne changerai pas ma distanciation sociale, je ne cesserai pas d’utiliser l’équipement de protection individuelle », comme le masque, a-t-il déclaré, ajoutant qu’il avait annulé ses projets de voyage pour Thanksgiving et Noël en raison du pic de contaminations aux États-Unis, où plus de 300 000 personnes sont déjà décédées de la COVID-19.

Car si les études actuelles jugent le vaccin efficace pour prévenir le risque de tomber malade, elles n’écartent pas la possibilité que des personnes puissent encore être porteuses du virus et le transmettre à d’autres.