(Washington) La destruction samedi soir de panneaux Black Lives Matter (« les vies noires comptent ») devant des églises à Washington en marge de manifestations en faveur de Donald Trump a provoqué dimanche un vif émoi aux États-Unis.

Agence France-Presse

« Hier soir, des manifestants qui faisaient partie des rassemblements pro-Trump ont arraché notre panneau Black Lives Matter et l’ont littéralement brûlé dans la rue », a dénoncé la pasteure Marie Mills, de l’église Asbury, dans un communiqué. « Cela m’a fait penser à quand on brûlait des croix », une pratique adoptée par le passé par le mouvement suprémaciste blanc Ku Klux Klan pour intimider les Afro-Américains, assure-t-elle.

Dans une série de vidéos publiées sur les réseaux sociaux, on voit des personnes en tenues jaunes et noires et gilets pare-balles, typiques de la milice d’extrême droite « Proud Boys », mettre feu à des panneaux Black Lives Matter.

« Une attaque contre [ces institutions] est une attaque contre nous tous », a fustigé dimanche la maire de Washington Muriel Bowser.  

Plusieurs milliers de partisans de Donald Trump étaient réunis dans la capitale samedi pour réclamer « quatre ans de plus » de sa présidence et dénoncer, sans preuve, des « fraudes massives » à l’élection de novembre. Le président sortant refuse toujours de reconnaître sa défaite face au démocrate Joe Biden, qui doit entrer en fonctions le 20 janvier.

Des échauffourées ont éclaté en plusieurs lieux entre manifestants et contre-manifestants. Quatre personnes ont été poignardées et hospitalisées « avec de graves blessures », a déclaré à l’AFP Doug Buchanan, responsable de la communication des pompiers et des services d’urgence de Washington.