(Washington) Cinq personnes ont été blessées aux États-Unis, dont quatre grièvement à l’arme blanche et une par balle, durant des manifestations samedi pour réclamer « quatre ans de plus » de présidence Trump et dénoncer encore, sans preuves, des « fraudes massives » à la présidentielle plus d’un mois après l’élection de Joe Biden.

Camille CAMDESSUS
Agence France-Presse

Des échauffourées ont éclaté en plusieurs lieux entre manifestants et contre-manifestants. Samedi soir, la police de l’État de Washington a annoncé dans un tweet une arrestation après une fusillade suite à des affrontements près du bâtiment du Capitole à Olympia.

Dans la capitale américaine, quatre personnes ont été poignardées et hospitalisées « avec de graves blessures », a déclaré à l’AFP Doug Buchanan, responsable de la communication des pompiers et des services d’urgence de Washington DC. Selon le quotidien The New York Times, 23 personnes ont été arrêtées durant la journée de samedi.

Aucune autre indication n’était disponible sur les blessés.

La journée avait débuté dans une ambiance festive avec plusieurs milliers de casquettes rouges « Make America Great Again » rassemblées sur Freedom Plaza, à quelques encablures de la Maison-Blanche. Une foule nombreuse, mais en recul par rapport aux 10 000 manifestants soutenant M. Trump il y a un mois.

Malgré un ultime revers cinglant la veille à la Cour suprême, les partisans du président sortant demeurent farouchement convaincus de sa victoire le 3 novembre.

PHOTO JOSE LUIS MAGANA, AGENCE FRANCE-PRESSE

Des rassemblements similaires se sont tenus à Olympia, Atlanta, Saint Paul et dans de plus petites villes notamment du Nebraska et de l’Alabama.

À Washington, quelques affrontements ont opposé dès le début de la journée pro et anti-Trump que la police a tenté de séparer.  

Les manifestants pro-Trump énumèrent les raisons pour lesquelles ils estiment que l’élection leur a été « volée » : une « ingérence étrangère », un logiciel électoral qui aurait effacé des millions de votes destinés au président…

« On ne va rien lâcher », promet Luke Wilson, sexagénaire de l’Idaho, brandissant un drapeau défendant le port d’armes.

« Le peuple américain est victime d’une grande injustice », assure à l’AFP Dell Quick, un habitué des rassemblements du milliardaire républicain, pour qui l’élection du démocrate Joe Biden paraît « complètement impossible ».

« Trump 2024 »

Faute d’éléments tangibles pour étayer les accusations de « fraudes massives », la cinquantaine de plaintes déposées par les alliés de Donald Trump à travers les États-Unis ont toutes – à une exception près – été rejetées par les tribunaux ou abandonnées.

Tous les États ont formellement certifié leurs résultats, donnant la victoire à Joe Biden, et les grands électeurs doivent enregistrer leur vote lundi pour la valider.

Darlene Denton, un badge « Trump 2024 » sur son sweat-shirt, n’en démord pas. « Personne ne veut écouter les preuves », peste cette femme de 47 ans venue du Tennessee, entre deux tubes country.  

« Nous ne sommes pas dans une république bananière, nous devons réparer ces élections », insiste Susan Bowman, 62 ans, de Hampton en Virginie.

Le président lui-même refuse toujours de concéder sa défaite. Son ex-conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, qu’il a gracié fin novembre après sa mise en cause dans l’enquête sur des interférences russes dans la présidentielle de 2016, compte parmi les orateurs.

« Wow ! Des milliers de personnes se rassemblent à Washington pour empêcher qu’on nous vole l’élection », a tweeté samedi M. Trump avant que son hélicoptère ne survole la foule entonnant l’hymne américain.

Parmi les cortèges, la milice d’extrême droite « Proud Boys », reconnaissable aux tenues jaunes et noires et gilets pare-balles de ses membres, est régulièrement acclamée par la foule.

PHOTO JIM URQUHART, REUTERS

Des Proud Boys

« Les nazis dehors ! » : à quelques rues de là, des militants du mouvement Black Lives Matter (« les vies noires comptent ») invectivent les pro-Trump.

Des contre-manifestations, bien plus modestes, se déroulent dans la capitale, notamment sur Black Lives Matter Plaza, la rue donnant sur la Maison-Blanche, vers laquelle des milliers de personnes avaient convergé pour fêter la victoire de Joe Biden début novembre.