(Washington) L’immunologiste Anthony Fauci a dit voir en Joe Biden, le futur président américain, un homme « très à l’écoute de la science », et a accordé à l’administration de Donald Trump le « crédit » du succès du développement de vaccins contre la COVID-19, lors d’un entretien accordé jeudi à l’AFP.

Marat Sadana
Agence France-Presse

Membre de l’actuelle cellule de crise de la Maison-Blanche contre la pandémie de coronavirus et désigné comme conseiller principal en la matière par M. Biden, le DFauci a estimé que ce dernier était « très à l’écoute de la science, des données et des preuves scientifiques » et que sa future administration serait « très attachée à suivre la science ».

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Le Dr Anthony Fauci a participé mardi à la conférence presse présentant la future équipe responsable de la santé de l’administration Biden.

« C’est quelque chose que le président désigné Biden faisait lorsque je l’ai connu lors de l’administration Obama », a confié celui qui a notamment travaillé avec l’ancien sénateur du Delaware pour combattre Ebola et la grippe H1N1.

« J’imagine que le plan [de lutte contre la pandémie], tel qu’il est mis au point par le nouveau gouvernement, sera très enraciné dans la science », a-t-il ajouté.

Anthony Fauci, figure médicale très respectée, a par moments été pris pour cible par le président sortant Donald Trump, pourtant très critiqué par ailleurs pour sa gestion de la pandémie aux États-Unis, minimisant sa dangerosité puis moquant les mesures sanitaires pour lutter contre sa propagation.

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Donald Trump et le Dr Anthony Fauci lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche, le 26 mars

Le directeur de l’Institut national des maladies infectieuses et des allergies (NIAID) a néanmoins souligné auprès de l’AFP le succès de l’opération Warp Speed de mise au point de vaccins, à mettre au crédit de l’administration Trump.

« L’opération Warp Speed a été couronnée de succès et je suis sûr que nous allons poursuivre sur cette trajectoire. […] Avoir un vaccin prêt à être distribué moins d’un an après l’identification du virus, c’est d’une rapidité sans précédent », a salué le DFauci.

Le vaccin de Pfizer-BioNTech devrait être autorisé rapidement aux États-Unis, après avoir déjà reçu le feu vert au Royaume-Uni, au Canada, à Bahreïn et en Arabie saoudite.

Un deuxième vaccin, mis au point par Moderna et l’institut du DFauci, pourrait être recevoir son autorisation aux États-Unis la semaine prochaine.

Pour l’immunologiste, le défi auquel les autorités sanitaires devront désormais faire face est la défiance que ces vaccins développés en un temps record inspirent à certains Américains, afin que 70 à 75 % d’entre eux reçoivent un vaccin, permettant ainsi d’atteindre une immunité collective.  

« Nous devons nous adresser à la population, expliquer aux gens comment le processus de développement de ces vaccins a été fiable et scientifique, et qu’ils sont sûrs et très efficaces », a estimé Anthony Fauci.

Les décisions concernant ces vaccins sont octroyées par « des instances indépendantes, sans influence politique ou autre. C’est la vérité et ce sont les faits », a-t-il martelé, appelant à communiquer ce message « pas seulement aux États-Unis mais dans le monde entier ».