(Washington) D’ordinaire, le Tout-Washington se bouscule aux fêtes du secrétaire d’État avant Noël. Mais en pleine pandémie, le maintien par Mike Pompeo de cette tradition, avec des centaines de convives invités, fait polémique.

Agence France-Presse

« J’espère qu’à l’approche de cette période des fêtes de fin d’année difficile et inhabituelle, vous donnerez la priorité à la santé et au bien-être des employés et travailleurs du département d’État et annulerez ces évènements en présentiel qui ne sont clairement pas cruciaux, et qui ne méritent pas de prendre le risque de propager encore davantage la COVID-19 » : dans une lettre cinglante au chef de la diplomatie américaine, l’influent sénateur démocrate Bob Menendez a donné le ton.

Le Washington Post a révélé cette semaine que Mike Pompeo et sa femme avaient envoyé des invitations pour plusieurs fêtes sous les dorures du département d’État – dont une avec 900 invités le 15 décembre –, alors même que la mairie de la capitale fédérale interdit les rassemblements de plus de 10 personnes dans les espaces clos.

210 000

Nombre de nouveaux cas de coronavirus aux États-Unis en une seule journée, jeudi. Le pays, qui a aussi recensé 2900 morts, bat triste record sur triste record.

L’American Foreign Service Association est également montée au créneau vendredi en exhortant dans un communiqué le département d’État à « faire marche arrière » et à « adopter un comportement responsable conformément à ses propres instructions ».

Car, rappelle le syndicat des diplomates américains, le ministère des Affaires étrangères a lui-même appelé ses ambassades et consulats à travers le monde « à ne tenir que des fêtes de fin d’année virtuelles ». Il s’inquiète notamment pour les employés du département d’État et pour les contractuels chargés de la restauration, soulignant que ces derniers « ne bénéficient souvent pas d’une assurance maladie de la part de leurs employeurs ».

Ambitions politiques

Par le passé, plusieurs réceptions organisées par Donald Trump, avec peu de masques et une distanciation physique souvent inexistante, ont été considérées comme ayant propagé le virus et fait de la Maison-Blanche un important foyer de contamination.

PHOTO ALEX BRANDON, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Le rassemblement à la Maison-Blanche pour la nomination de la juge Amy Coney Barrett à la Cour suprême a provoqué de nombreux cas de COVID-19 chez les républicains.

Mike Pompeo, à qui l’on prête des vues sur la présidentielle de 2024, a déjà été plusieurs fois accusé d’utiliser le département d’État et ses avantages pour nourrir ses ambitions politiques personnelles. Le ténor trumpiste, qui doit passer le flambeau en janvier à son successeur démocrate Antony Blinken, n’a pas personnellement réagi face à ce tollé.

Un porte-parole du département d’État a assuré que ces fêtes respecteraient les recommandations sanitaires et que les invités, séparés en petits groupes, devraient « porter des masques et se tenir à distance les uns des autres ».