(Washington) Les États-Unis espèrent commencer leur campagne de vaccination contre la COVID-19 avant la mi-décembre, sitôt obtenue l’approbation des autorités sanitaires, et jusqu’à 20 millions de personnes pourraient être immunisées avant la fin de l’année si tout se passe comme prévu.

Agence France-Presse

« Notre plan est de pouvoir transporter les vaccins vers les sites d’immunisation dans les 24 heures suivant l’approbation, donc je m’attends à ce que ce soit peut-être au deuxième jour après l’approbation, le 11 ou le 12 décembre », a déclaré dimanche sur CNN Moncef Slaoui, un haut responsable de l’opération gouvernementale pour les vaccins.

M. Slaoui était interrogé sur la date attendue des premières vaccinations aux États-Unis.

PHOTO EVAN VUCCI, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Le Dr Moncef Slaoui

L’immunologue Anthony Fauci, personnalité très respectée dans le pays, s’est lui aussi dit en confiance sur l’avancée des efforts.

Si tout se passe comme prévu et que les vaccins obtiennent la précieuse autorisation des autorités sanitaires, « nous aurons peut-être 20 millions de personnes qui pourront être vaccinées d’ici la mi à la fin décembre », a dit le DFauci sur CBS.

Immunité collective

Moncef Slaoui a par ailleurs dit espérer qu’une fois lancée, une campagne de vaccination massive, le pays pouvait s’attendre à atteindre une « immunité collective » au mois de mai.

« Normalement, avec le niveau d’efficacité que nous avons [95 %], le fait d’immuniser 70 % ou presque de la population permettrait d’avoir une vraie immunité collective. Cela arrivera probablement en mai, ou quelque chose comme ça selon nos plans », a-t-il affirmé.

« J’espère vraiment voir le niveau de perception négative du vaccin baisser et l’acceptation par les gens augmenter. Cela va être essentiel pour nous aider », a-t-il insisté, en allusion à la méfiance de beaucoup vis-à-vis d’un vaccin.

Le Dr Fauci a abondé dans son sens.  

« Si on a un vaccin hautement efficace et que seule une proportion relativement petite de 40 à 50 % de la population est vaccinée, on n’aura pas l’immunité collective dont on a besoin. Ce dont nous avons besoin, c’est de faire vacciner autant de gens que possible », a-t-il plaidé.

Le Dr Fauci a de nouveau mis en garde contre un relâchement, alors que les États-Unis sont le pays le plus touché par la maladie en valeur absolue. Ils viennent de franchir la barre des 12 millions de cas recensés, et déplorent presque 256 000 morts.

« Nous sommes dans une situation très, très difficile à tous les niveaux », a-t-il souligné, en appelant la population à respecter les gestes-barrières.

Il s’est dit « vraiment inquiet » d’un pic pour Noël si les mesures préventives n’étaient pas respectées pour la fête de l'Action de grâce, qui tombe jeudi et lors de laquelle les Américains voyagent traditionnellement beaucoup.

Dix mois seulement après le séquençage du nouveau coronavirus, le groupe pharmaceutique américain Pfizer et son partenaire allemand BioNTech ont demandé vendredi à l’Agence américaine des médicaments (FDA) d’autoriser leur vaccin contre la maladie causée par le virus, la COVID-19.

La demande était attendue depuis plusieurs jours, suite à la publication des résultats de l’essai clinique mené depuis juillet sur 44 000 volontaires dans de multiples pays, et selon lesquels le vaccin serait efficace à 95 % pour prévenir la COVID-19, sans effets secondaires graves.

L’agence américaine a annoncé qu’une réunion publique de son comité consultatif sur les vaccins aurait lieu le 10 décembre pour étudier cette requête.

L’avis de ce comité est consultatif. La décision d’autoriser ou non le vaccin reviendra ensuite aux scientifiques de la FDA, et pourrait intervenir dès la première quinzaine de décembre.