Malgré quelques signes qui montrent que le président Trump reconnaît sa défaite en coulisse, il continue de crier au vol publiquement. Pendant ce temps, Joe Biden se prépare à devenir le 46e président des États-Unis, le 20 janvier prochain. Plusieurs noms de personnes susceptibles d’occuper des postes importants au sein de son cabinet circulent d’ailleurs. Tour d’horizon.

Éric-Pierre Champagne Éric-Pierre Champagne
La Presse

Signe que Donald Trump n’entretient plus beaucoup d’espoir de rester à la Maison-Blanche après le 20 janvier, ses avocats ont abandonné des poursuites lancées en Arizona afin d’y contester les résultats électoraux. Une action semblable en Pennsylvanie semble aussi plus incertaine que jamais après que le cabinet chargé de l’affaire s’est retiré du dossier.

Ce qui n’empêche pas le président Trump d’entretenir le flou quant au résultat électoral. Au cours d’une conférence de presse destinée à faire le point sur la COVID-19 et l’opération Warp Speed, en fin d’après-midi, vendredi, il a déclaré qu’on ne savait pas encore quelle administration allait diriger le pays.

Il multiplie aussi les déclarations sur Twitter voulant que l’élection ait été « truquée ».

De son côté, le président désigné Joe Biden place ses pions en vue de son investiture, le 20 janvier. Il a déjà choisi son chef de cabinet et prépare la formation de son cabinet.

Les grands médias américains ont aussi annoncé vendredi que l’ancien bras droit de Barack Obama avait finalement remporté la Géorgie, ce qui porte à 306 son score au Collège électoral contre 232 pour Donald Trump.

De nombreux candidats

D’ici là, les conjectures vont bon train quant aux candidats susceptibles d’occuper un des postes de secrétaire, l’équivalent d’un ministre, dans un cabinet Biden.

Le poste le plus en vue est celui de secrétaire d’État. Un nom souvent avancé est celui de Susan Rice, ancienne conseillère à la sécurité nationale sous Barack Obama.

PHOTO STEPHEN CROWLEY, ARCHIVES THE NEW YORK TIMES

Susan Rice, ancienne conseillère à la sécurité nationale sous Barack Obama

À la Défense, Michèle Flournoy semble avoir une longueur d’avance. Elle serait la première femme à diriger le Pentagone.

Un autre poste névralgique, celui de procureur général, pourrait être destiné à Doug Jones, ami de longue date de Joe Biden.

PHOTO ALEX EDELMAN, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Doug Jones, ami de longue date de Joe Biden et ancien sénateur de l’Alabama

Celui qui vient de perdre son poste de sénateur en Alabama a longtemps exercé comme avocat dans cet État.

Au Trésor, les pronostics favorisent Lael Brainard, qui a travaillé à ce département. Elle a également siégé au Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale américaine.

Joe Biden pourrait causer une surprise en nommant Bernie Sanders secrétaire au Travail. Une nomination qu’il pourrait aussi juger politiquement trop risquée.

Charles-Philippe David, spécialiste de la politique américaine et fondateur de la Chaire Raoul-Dandurand, croit que le président désigné pourrait bien nommer un républicain bien en vue comme John Kasich à son cabinet, une façon de montrer qu’il est bien déterminé à travailler avec le camp adverse.

Le président désigné pourrait cependant faire face à un défi supplémentaire. Les nominations doivent être approuvées par le Sénat, comme prévu, mais Joe Biden pourrait devoir composer avec un Sénat plus hostile dans le contexte actuel.

Républicains comme démocrates auront les yeux tournés vers la Géorgie le 5 janvier prochain, où deux postes au Sénat seront en jeu dans le cadre d’un deuxième tour électoral. Les démocrates doivent absolument remporter les deux scrutins s’ils veulent y créer l’égalité et espérer faire pencher la balance en leur faveur. En cas d’égalité, ce sera à la vice-présidente Kamala Harris, qui se retrouvera à présider le Sénat, de trancher les débats.

Un scénario peu probable, selon M. David. Mais même si Joe Biden fait face à un Sénat contrôlé par les républicains, il « pense que le Sénat va donner la chance au coureur ».