(Washington) En attendant l’arrivée d’un vaccin espéré d’ici la fin de l’année, les États-Unis battent record sur record du nombre d’infections au coronavirus et un nombre grandissant de pays se reconfinent, telle la Hongrie mercredi.

Camille CAMDESSUS avec Peter MURPHY à Budapest Agence France-Presse

Ayant récemment franchi la barre des 10 millions de cas de COVID-19, la première puissance économique mondiale a comptabilisé 201 961 cas en 24 heures, selon le comptage mardi à 20 h 30 de Johns Hopkins, un chiffre en partie gonflé par des remontées de données du week-end.

De loin le pays le plus endeuillé par la pandémie, les États-Unis ont également déploré plus de 1500 morts supplémentaires, leur nombre approchant désormais la barre des 240 000.

Depuis une semaine, le nombre d’infections quotidiennes à la COVID-19 y dépasse régulièrement les 100 000, des niveaux jamais atteints jusqu’ici, et celui des hospitalisations bat lui aussi des records.

Régulièrement minimisée par le président sortant Donald Trump, la pandémie a plongé le pays dans sa pire crise sanitaire depuis la grippe espagnole de 1918.  

Son rival démocrate, le président élu Joe Biden, a dressé en début de semaine les contours de son plan de lutte contre l’épidémie, dont il a fait la priorité numéro un de son futur mandat. Il a dévoilé lundi le nom des membres de la cellule de crise consacrée à œuvrer sur le sujet, dès son entrée à la Maison-Blanche, prévue le 20 janvier.  

Le pays s’accroche aussi à l’annonce faite lundi par les laboratoires Pfizer et BioNTech d’un vaccin « efficace à 90 % » contre la COVID-19.

Le gouvernement américain, sous l’impulsion du président Trump, a signé un contrat de 1,95 milliard de dollars avec Pfizer pour la livraison de 100 millions de doses, si jamais le vaccin était approuvé. Il espère commencer à vacciner les personnes vulnérables avant la fin de l’année.

Pfizer a prévu de déposer une demande d’autorisation à l’Agence américaine des médicaments (FDA), à condition que l’innocuité du vaccin soit confirmée, d’ici la semaine prochaine. La distribution ne serait plus qu’une question de « semaines », a assuré Alex Azar, secrétaire américain à la Santé.

De son côté, l’Union européenne a annoncé mardi qu’elle allait signer un contrat « dans les prochains jours » pour acheter jusqu’à 300 millions de doses du vaccin contre le Covid de l’américain Pfizer et l’allemand BioNTech.

L’UE estime qu’un vaccin pourrait être autorisé « début 2021 », selon une source européenne.

Premier cas au Vanuatu

En attendant, les pays européens multiplient les restrictions pour enrayer la deuxième vague.

Dernière en date après la France, l’Angleterre et plusieurs autres, la Hongrie impose depuis mercredi un confinement partiel censé durer au minimum 30 jours : les rassemblements sont désormais interdits, les restaurants fermés, les évènements culturels et de loisirs annulés et le couvre-feu étendu de 20 h à 5 h.

« Je suis d’accord avec toutes les mesures, mais tout est allé si vite avec juste quelques heures de préavis », confiait à l’AFP Maria Backsai, une retraitée, dûment masquée, rencontrée mercredi dans une rue de Budapest.

Dans les heures précédant la fermeture, clients et employés s’imaginaient une vie sans bar pendant un mois.

« Nous ferons des excursions ou ce genre de choses plutôt que d’aller au pub », expliquait un étudiant de 22 ans, Lorinc Fritz. Serveur au bistrot Bem Buffet, Szabolcs Szele disait, lui, être en quête d’un nouvel emploi : « Si je n’en trouve pas, je devrai vivre de l’aide de mes amis ou de ma famille ».

Avant même l’affermissement de l’accord préliminaire conclu début septembre avec BioNTech et Pfizer, l’UE a déjà signé trois contrats pour précommander d’éventuels vaccins : avec le suédo-britannique AstraZenaca et l’américain Johnson & Johnson (jusqu’à 400 millions de doses auprès de chacun), ainsi qu’avec le duo franco-britannique Sanofi-GSK (jusqu’à 300 millions de doses).

D’autres pays – Japon, Canada, Royaume-Uni… – ont également passé commande auprès de Pfizer. Et les ONG s’inquiètent depuis des mois de la monopolisation des doses par les pays riches.

« Le vaccin sera efficace à 0 % pour les personnes qui n’ont pas les moyens d’y accéder », a réagi Robin Guittard, porte-parole d’Oxfam France.

Jusqu’ici l’un des rares pays au monde à avoir été préservé de la pandémie, l’archipel du Vanuatu a annoncé mercredi son premier cas de coronavirus, un jeune homme revenu récemment des États-Unis.