(Miami) Rues inondées, arbres arrachés et coupures de courant, la tempête tropicale Eta a frappé la Floride dans la nuit de dimanche à lundi, causant de nombreux dégâts matériels après son passage destructeur et semé de morts en Amérique centrale.

Leila MACOR avec Carlos BATISTA à La Havane
Agence France-Presse

Eta a touché terre dimanche à 23 h à Lower Matecombe Key dans l’archipel des Keys de Floride avec des vents jusqu’à 100 km/h, a précisé le centre américain de surveillance des ouragans (NHC), basé à Miami.  

La tempête tropicale qui charrie désormais des rafales allant jusqu’à 85 km/h selon le dernier bulletin météorologique se déplace vers le sud-est du golfe du Mexique et devrait continuer à s’affaiblir jusqu’à mercredi.

« Une tornade ou deux pourrait se former » au sud de la Floride et dans les Keys, a toutefois prévenu l’institut.  

Eta pourrait par ailleurs se rapprocher une nouvelle fois du « Sunshine State » et de sa côte nord en fin de semaine, selon les experts.  

Des alertes aux inondations étaient toujours en vigueur à Miami où les images circulant sur les réseaux sociaux montraient des arbres décapités et des rues transformées en rivières après des pluies intenses.

Les autorités avaient appelé les habitants des zones touchées à quitter leurs foyers et à se mettre en lieu sûr.

« Les inondations sont la principale préoccupation », a déclaré lundi Dan Hayes du restaurant Margaritaville de Key West à la chaîne « Local 10 ». « Nous avons donc décidé de ne pas ouvrir aujourd’hui, nous sommes préoccupés par la sécurité de notre personnel », a-t-il ajouté.

Selon la société locale Florida Power & Light, des dizaines de milliers de foyers sont privés d’électricité. Les plus touchés sont les comtés de Miami-Dade (18 870) et Broward (11 590) ainsi que la ville de Palm Beach (6170).

Le gouverneur de Floride, Ron De Santis, avait déclaré dès samedi l’état d’urgence dans les comtés du sud, alors que les habitants célébraient ou protestaient contre la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle.  

Les écoles étaient fermées lundi dans les Keys du sud, les sites de tests de la COVID-19 avaient été temporairement clôturés et les autorités avaient ouvert des abris et distribué des sacs de sable pour que la population puisse protéger les maisons des inondations.

Lourd bilan au Guatemala

Eta avait frappé dimanche Cuba, balayant des sites touristiques de l’archipel des Jardines del Rey, mais selon la télévision d’État, les 600 touristes étrangers qui s’y trouvaient ont pu être mis à l’abri.

De fortes pluies avaient été signalées dans la partie est de Cuba. La défense civile et les autorités locales avaient évacué 74 000 personnes vers des zones sûres par crainte d’inondations, les sols étant déjà gorgés d’eau et les bassins de retenue pleins.

Le président Miguel Diaz-Canel a convoqué une réunion d’urgence du gouvernement, mais « aucune victime ni dégâts importants dans les habitations n’ont été signalés », selon les médias officiels.

Eta, qui avait touché terre mardi sur la côte caraïbe du Nicaragua en puissant ouragan de catégorie 4 avec des vents de 140 km/h, s’est progressivement affaiblie en passant sur le Nicaragua et le Honduras.

Ses pluies torrentielles ont aussi affecté le Costa Rica, le Panama, le Salvador et le Mexique.

Au moins 250 personnes ont perdu la vie ou ont disparu en Amérique centrale.  

Le plus lourd bilan est au Guatemala, avec au moins 150 morts ou disparus, et les secouristes ont continué samedi de chercher des rescapés après le glissement de terrain provoqué par l’ouragan dans le village indigène de Queja (nord).

Au Honduras, les autorités ont annoncé lundi un bilan d’au moins 57 morts après les fortes inondations. Et au Mexique, les pluies torrentielles et la vague de froid provoquées par Eta ont fait au moins 20 morts dans l’État du Chiapas (sud), frontalier du Guatemala.